Abidjan, 22 mai 2026 (AIP)- La Côte d’Ivoire a réaffirmé, jeudi 22 mai 2026, son engagement à préserver et restaurer son capital biologique face aux menaces croissantes qui pèsent sur les écosystèmes nationaux, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la biodiversité.
Dans une déclaration prononcée par le ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique, Abou Bamba, le gouvernement a alerté sur la dégradation continue de la biodiversité ivoirienne tout en mettant en avant les réformes et actions engagées sous l’impulsion du président de la République, Alassane Ouattara.
Placée cette année sous le thème « Agir localement pour un impact global », cette journée internationale appelle, selon le ministre, à une mobilisation collective autour de la protection des ressources naturelles, de la lutte contre la pollution, de la promotion de pratiques agricoles durables et de la gestion responsable des ressources biologiques.
Le ministre a rappelé que la Côte d’Ivoire dispose d’un patrimoine écologique riche composé de forêts, lagunes, zones humides, savanes, montagnes et espaces marins, indispensables à l’équilibre écologique et au développement socioéconomique du pays.
Cependant, ce capital naturel subit de fortes pressions liées notamment à la déforestation, à la destruction des habitats naturels, à l’orpaillage, au remblayage, à la surexploitation des ressources et aux effets du changement climatique.
Le gouvernement a notamment relevé l’effondrement de certaines espèces floristiques et fauniques. Selon les statistiques environnementales de 2024, la population d’éléphants est passée de près de 100 000 individus dans les années 1960 à seulement 225 à 500 individus aujourd’hui.
Plus de 60 espèces d’oiseaux sont également menacées, tandis que plusieurs espèces végétales ont disparu ou sont en voie d’extinction.
La dégradation des zones côtières constitue également une préoccupation majeure. Plus des deux tiers du littoral ivoirien sont touchés par l’érosion côtière avec un recul moyen estimé entre un et deux mètres par an. Certaines localités, notamment Gonzagueville et Lahou Kpanda, ont enregistré d’importantes pertes de terres ces dernières années.
Face à cette situation, l’État ivoirien a engagé plusieurs mesures visant à renforcer la protection de l’environnement et la restauration des écosystèmes.
Parmi celles-ci figurent le renforcement du cadre juridique et institutionnel de protection de l’environnement, la mise en œuvre du Plan national de reforestation, le renforcement de la gestion des aires protégées ainsi que la promotion de solutions fondées sur la nature.
Le gouvernement a également procédé à l’actualisation de la stratégie nationale et du plan d’actions pour la biodiversité afin de les aligner sur le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal.
Cette stratégie vise notamment à mieux intégrer les enjeux de biodiversité dans les politiques sectorielles et à renforcer la participation des communautés locales.
Dans le domaine de la protection du littoral et des espaces marins, plusieurs initiatives ont été engagées, notamment la stabilisation du cordon sableux de Grand-Lahou, la création de l’Agence nationale de la gestion du littoral (ANAGIL) ainsi que celle de l’Aire marine protégée de Grand-Béréby, en attendant cinq autres aires protégées en cours de création, a rappelé le ministre.
Le ministre Abou Bamba a insisté sur la nécessité d’une implication de tous les acteurs, notamment les collectivités territoriales, les communautés locales, les organisations de la société civile, les chercheurs, les jeunes, les femmes et le secteur privé.
Il a invité les populations à adopter des comportements écoresponsables, notamment en évitant les feux de brousse, la destruction des espaces verts, la pollution des cours d’eau et la consommation d’espèces protégées, tout en encourageant les actions de reboisement et la dénonciation des atteintes à l’environnement à travers le numéro vert 1372.
« Chaque geste compte. Chaque initiative locale est déterminante. Chaque engagement est primordial », a souligné le ministre, estimant que l’action locale demeure essentielle pour construire un avenir durable et résilient pour la Côte d’Ivoire.
(AIP)
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