Abidjan, 19 avr 2025 (AIP)- À l’approche de la fête de Pâques, les gares d’Adjamé, Yopougon et Koumassi, ne désemplissent pas. Des milliers de voyageurs, valises en main et impatients de retrouver leurs familles, affluent pour célébrer la Paquinou, cette fête tant attendue marquée par les retrouvailles et la joie au village. Malgré l’attente, l’engouement reste intact.
À la gare UTB d’Adjamé, l’effervescence est palpable

Les files s’allongent, les valises s’entassent, et l’impatience se lit sur les visages. C’est la grande migration vers les villages pour Paquinou, la fête tant attendue par des milliers de citadins. C’est le cas de Viviane N’Goran N’Dri toute heureuse de se rendre à Didiévi, cheveux bien coiffés, vêtue d’un beau pagne traditionnel Baoulé.
« Je vais à Didiévi pour quatre jours », confie N’Goran N’Dri, avec le sourire aux lèvres. Elle a acheté son ticket la veille sans encombre, au prix habituel de 7100 FCFA. Pour elle, pas question de manquer cette occasion de rejoindre les siens. « Je passe toute l’année à Abidjan pour mon commerce. Alors pendant Paquinou, c’est le moment de rentrer au village, revoir la famille et participer aux réunions », confie-t-elle à l’AIP.
Même son de cloche chez Kouassi Narcisse, en partance pour Bouaké. « Moi je bosse ici à Abidjan, je n’ai que deux ou trois jours de congé. Alors j’attends le dernier moment pour voyager. Aller au village, c’est aussi l’occasion de faire connaissance avec des membres de la famille qu’on ne connaît pas », a dit M. Kouassi d’un air serein. Comme pour Viviane, le prix du ticket n’a pas changé : 7 100 FCFA avec UTB.
Mais tout ne roule pas pour tout le monde. Aya Blandine Yao, la mine découragée, assise sur sa valise, main sur le menton, en route pour Bouaké, est arrivée à la gare dès 6h42. Son départ est prévu pour 16h. « Ça fait sept ans que je ne suis pas retournée au village, alors je suis impatiente de retrouver ma famille. Mais c’est dur d’attendre sous le soleil. J’aimerais que l’organisation soit revue pendant les périodes de forte affluence afin d’éviter les longues files d’attentes », a-t-elle expliqué toute déçu.
Le responsable commercial d’UTB, Pape Seck, se veut rassurant. « Pour la fête de Pâques, on a renforcé notre parc automobile. On a aussi pris des mesures de sécurité, en collaboration avec la police et la gendarmerie. On sensibilise nos passagers contre les tentatives d’arnaque une fois dans le car ».
M. Seck a souligné que la compagnie de voyage organise des départs jusqu’à 23h, voire au-delà, ce qui montre la capacité du parc automobile. ” Toutefois, certains facteurs exogènes échappent à notre contrôle. Par exemple, l’incivisme de certains chauffeurs, qui provoque des embouteillages. Ainsi, même si nous disposons de nombreux véhicules, tant que ces fléaux ne sont pas résolus, cela continue de nous poser des difficultés », a t-il déploré.
Il a par ailleurs, indiqué que chaque jour, la compagnie enregistre des milliers de passagers. Pape Seck a précisé que toutes les consignes de l’État sont rigoureusement respectées, notamment la limitation de vitesse à 90 km/h. Il a également mis en avant la ponctualité des départs ainsi que le confort des cars.
“Un centre d’appel est mis à la disposition des usagers au 05 00 24 24 24, permettant aux passagers de poser leurs préoccupations. En cas de perte de bagages, des procédures efficaces permettent de les retrouver rapidement”, a t-il ajouté.
À la gare SBTA de Yopougon, même décor : affluence, chaleur et files interminables
Fatou Thiam, en partance pour Divo, attend depuis 6h. « J’y vais pour faire plaisir à ma mère. L’ambiance là-bas est plus authentique », a-t-elle déclaré. Son ticket lui a coûté 2 500 FCFA, contre 2 000 habituellement. « Mais après la fête, ça revient à la normale », précise-t-elle.
Yao Adjoua Élise, une autre dame en partance pour N’Djé Bonoua, n’a pas encore pu acheter son ticket alors qu’il était déjà midi, à cause de la longue file. Elle salue tout de même la rapidité de la compagnie en temps normal. « C’est seulement pendant les fêtes que ça devient compliqué à cause du monde », fait -elle remarqué.

Le chef de gare SBTA, Traoré Souleymane, affirme que les moyens sont mis pour satisfaire les voyageurs. « On a mobilisé une cinquantaine de bus supplémentaires. Seul souci, les retards dus au retour des cars en rotation », a ajouté M. Traoré, soulignant que les destinations les plus demandées sont Yamoussoukro et Bouaflé en raison de la fête pascale.
Du côté de la gare TSR à Koumassi, c’est déjà l’animation des grands jours
Cris des rabatteurs, valises sur la tête, paniers ficelés à la hâte : le ballet des voyageurs bat son plein. Amon Ahoua Flavien, couturière, part à N’Djé Bonoua avec sa sœur et son neveu. « Le prix est resté à 7 100 FCFA, c’est bien. Je vais y rester deux semaines », souligne t-elle.
Mais tout le monde n’a pas cette chance. Kouamé Martin, lui, n’a obtenu qu’un seul ticket. « Mon fils partira avec, moi je vais essayer d’en trouver un autre. S’il faut, je vais tenter ma chance à Adjamé », a-t-il ajouté.
Kaboré Karim, chef de gare à TSR, explique les défis rencontrés. « On fait partir jusqu’à 17 cars par jour, mais ce n’est jamais assez. Tout le monde veut partir au même moment. Daoukro, Bouaké, Béoumi et Bouaflé sont les destinations les plus prisées », a-t-il indiqué. Malgré l’attente, les embouteillages et la chaleur, l’ambiance reste joyeuse dans les gares routières.
Pâques est la fête la plus importante et la plus anciennement attestée du christianisme. Elle commémore la résurrection de Jésus, que le Nouveau Testament situe le surlendemain de la passion, c’est-à-dire le « troisième jour ». La solennité, précédée par la semaine sainte, dernière partie du carême, commence dans la nuit qui précède le dimanche de Pâques, par la veillée pascale.
La fête de pâques sera célébrée ce dimanche 20 avril 2025. Ce qui met fin au carême chrétien qui a débuté depuis le mercredi 5 mars.
(AIP)
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Reportage réalisé par Awa Diaby en collaboration avec Binta Soumahoro

