Dabou, 07 mai 2025 (AIP)- Le préfet de région des Grands ponts, préfet du département de Dabou, N’zi Kanga Rémi, s’adressant aux chefs de village de la sous- préfecture du département, a invité fortement la communauté Adjoukrou à rendre compatibles ses pratiques avec les textes de la république.
M. N’Zi s’est exprimé mardi 06 mai 2025 à la sous préfecture, lors d’une rencontre de formation initiée par ladite institution et qui s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’action, dont l’axe 1 recommande la formation des chefs de village. Constatant les nombreuses crises de chefferie dans les villages du département de Dabou, il a invité “la société Adjoukrou à inscrire sa constitution, ses us et coutumes dans le marbre et ne pas les interpréter selon les intérêts d’une minorité”.
Pour le préfet, les pratiques traditionnelles Adjoukrou doivent se conformer aux lois de la république et non le contraire. Dans ce cadre, il a affiché la fermeté en affirmant que “le chef du village est le seul interlocuteur de l’administration, il relève du pouvoir exécutif”. Cette réalité s’opposant à la tradition Adjoukrou qui fait des patriarches les réels détenteurs du pouvoir exécutif est source de nombreux conflits.
A cet égard, il s’est désormais engagé à observer la prudence, en invitant le comité régional de la chambre des rois et chefs traditionnels à s’accorder avec les commissions villageoises pour la désignation des chefs avant qu’il ne prenne l’arrêté préfectoral le nommant. Cette précaution, selon ses dires, le préservera d’une convocation devant le conseil d’Etat et réduira aux maximum les crises de chefferie dans le département. Le préfet a invité les communautés, à travers les chefs, à se mettre d’accord sur la manière dont on devient chef en pays Adjoukrou.
Cette rencontre de formation et d’échanges a aussi été meublée par un exposé sur le statut du chef de village qui, une fois nommé, appartient à la fois “à l’administration du point de vue de la réglementation en vigueur et à la communauté villageoise du point de vue des us et coutumes. Ce qui lui confère, un statut particulier”, a-t-il indiqué.
Sa nomination, par arrêté préfectoral, pris après désignation par la communauté villageoise a été abordé, ainsi que ses attributions, les incompatibilités avec une fonction électorale, la partialité et la neutralité dans l’exercice politique, religieux ont été également abordés, avec une lucarne ouverte sur la protection du chef de village dans l’exercice de ses fonctions.
Un échange est venu clôturer cette séance de formation ouverte à l’entame par le sous préfet de Dabou, Soro Tiékpélé Minata, qui administre 16 villages.
(AIP)
bec/fmo

