Gagnoa, 16 mai 2025 (AIP)- La chefferie, ainsi que des leaders communautaires autochtones, allogènes, et allochtones des villages du canton Paccolo, dans le département de Gagnoa, se sont engagés jeudi 15 mai 2025 à Dougroupalégnoa (15 km de Gagnoa), en présence d’une délégation de la direction de la cohésion sociale du ministère de la Cohésion nationale, de la Solidarité et de la Lutte contre la pauvreté, à œuvrer à tourner « définitivement » la page de la violence dans le canton.
« Nous nous inscrivons résolument dans ce processus », a déclaré au nom de tous, le chef de canton Paccolo, Noël Gnagno, chef du village de Dodognoa, au sortir d’un dialogue intercommunautaire dans le cadre de la mise en œuvre du programme de cohésion nationale. Quatre groupes de travail (chefs de village, chefs communauté et guides religieux, les femmes, les jeunes) ont bénéficié d’un questionnaire, à partir duquel chaque groupe a donné des éléments de réponse qui vont dans le sens d’identifier les facteurs de menaces de la cohésion dans le canton.
Le manque de respect des jeunes envers les autorités traditionnelles, le non respect des us et coutumes par les allogènes, les questions liées aux litiges dans la gestion foncière, le manque d’infrastructures, d’eau courante, de centre de santé adapté, l’impraticabilité des voies, l’absence de financement de projets des jeunes, le maintien en détention des jeunes des deux communautés suites aux conflits, ont été identifiés comme sources de menaces de la cohésion sociale.

Face à ce constat opéré par les communautés elles-mêmes, toutes ont recommandé le « règlement pacifique » des différends, et l’entente en leur sein. Elles se sont engagées à appliquer les recommandations sorties de ce dialogue et par ailleurs, à œuvrer pour une élection présidentielle sans violence dans les 22 villages du canton Paccolo en octobre.
Le jeudi 26 octobre 2023, un conflit entre communautés à Dougroupalégnoa, avait causé la mort à l’arme blanche d’un jeune allogène. Lors des représailles, huit cases avaient été incendiées et plusieurs personnes blessées à armes à feu. Deux jours plus tard, un autre homicide à l’arme blanche, cette fois sur un autochtone, avait été constaté non loin du village de Mahibouo, toujours dans le même canton, rappelle-t-on.
C’est pour faire suite à ce conflit et à celle du 25 août 2024, qui a vu des supporters de Gnagbodougnoa, qui venaient de perdre un match de football contre l‘équipe de Guiguia à Boussoupalégnoa, ont agressé des jeunes du dernier village cité, que la direction de la cohésion sociale a initié des actions de terrain. Ces rencontres tenues en amont ont permis de rassembler ces communautés autour de l’idéal de la paix.
« La visite de ce jour, est juste pour consolider ces acquis », a indiqué la directrice de la cohésion sociale, Sidibé Salimata Makinfeh.
« Merci pour vos engagements et recommandations, », a poursuivi madame la directrice, assurant que le gouvernement compte sur les communautés pour maintenir un climat de paix et de cohésion sociale à Dougroupalégnoa.
Conduisant la mission, le sous-préfet de Gagnoa, Soumahoro Moussa, s’est réjoui de la disponibilité des populations, et toutes les parties à s’inscrire « résolument » dans cette voie tracée par tous, pour la paix et la cohésion sociale.
(AIP)
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