Abidjan, 03 mars 2026 (AIP)- Le Modèle de développement local inclusif (MODELI) est une initiative de coopération technique entre la Côte d’Ivoire et le Japon (via la JICA) visant à renforcer la gouvernance locale. Il fournit des outils de planification, de mise en œuvre et de gestion d’infrastructures aux collectivités territoriales, impliquant les communautés. Aujourd’hui, le MODELI s’apparente à un outil pour restaurer la confiance entre administration locale et citoyens.
Le MODELI n’est pas qu’un simple outil de développement local mais transforme la posture institutionnelle des collectivités envers les communautés. Il installe une culture de redevabilité, de participation et de responsabilité. Il sécurise les investissements publics, réduit les tensions communautaires.
Pour les collectivités territoriales, le bénéfice n’est pas seulement technique mais aussi politique et stratégique car il restaure la confiance entre administration locale et citoyens, tout en garantissant que chaque franc investi produise un impact durable.
𝐋’𝐞́𝐭𝐚𝐩𝐞 𝐝𝐞 𝐩𝐥𝐚𝐧𝐢𝐟𝐢𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧.
Avec la méthode de planification du MODELI, aucun projet n’est inscrit au programme sans un diagnostic rigoureux conduit au plus près des populations concernées. Les agents des collectivités ne se contentent plus d’estimations approximatives. Ils se rendent dans chaque village, chaque campement, réalisent un état des lieux détaillé des infrastructures existantes (écoles, points d’eau, centres de santé, pistes rurales).
À l’aide d’outils numériques comme KoBoCollect, ils documentent l’état réel des ouvrages, leur capacité d’accueil, leur niveau d’usure et leur adéquation aux besoins actuels. A cela s’ajoute la cartographie participative. Autour d’une grande feuille de papier, la communauté dessine elle-même son territoire en localisant les équipements existants, identifiant les zones enclavées et les besoins. Ce moment collectif crée un espace de dialogue et de priorisation partagée.

Pour la collectivité, le bénéfice est stratégique. Les données collectées alimentent une base de données structurées, actualisable, qui sert de socle au programme triennal d’investissements. Les projets retenus ne sont plus perçus comme des choix arbitraires mais sont justifiables, documentés, traçables.
𝐋’𝐞́𝐭𝐚𝐩𝐞 𝐝𝐞 𝐦𝐢𝐬𝐞 𝐞𝐧 𝐨𝐞𝐮𝐯𝐫𝐞 𝐞𝐭 𝐬𝐮𝐩𝐞𝐫𝐯𝐢𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐭𝐫𝐚𝐯𝐚𝐮𝐱
Une fois les marchés attribués conformément aux procédures en vigueur, la méthode de planification du MODELI vient régler les problèmes de retards injustifiés, matériaux de qualité inférieure, absence de suivi rigoureux.
D’une part, les agents disposent d’outils de supervision structurés fiches de contrôle par étape, check-lists techniques, archivage photographique, rapports périodiques. Les phases de conception, de passation de marchés, d’exécution sont documentées. Cela constitue une mémoire du projet en cas de contentieux et utile pour les évaluations futures.
D’autre part, la communauté n’est plus spectatrice mais participe à la mobilisation de main-d’œuvre locale selon les cas, sécurisation des matériaux, veille citoyenne autour du chantier. Cette implication change l’équilibre. Lorsque les bénéficiaires savent ce qui est prévu, ce qui est budgétisé et comment les travaux doivent se dérouler, la marge pour les pratiques opaques se réduit considérablement.
En termes de transparence, les critères de sélection des entreprises sont objectivés, les coûts sont alignés sur les prix réels du marché, les procédures respectent le cadre réglementaire. Pour la collectivité, cela signifie moins de contestations, moins de soupçons, et une meilleure maîtrise des investissements publics.
𝐋’𝐞́𝐭𝐚𝐩𝐞 𝐝𝐞 𝐠𝐞𝐬𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐭 𝐦𝐚𝐢𝐧𝐭𝐞𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐟𝐫𝐚𝐬𝐭𝐫𝐮𝐜𝐭𝐮𝐫𝐞𝐬.
Construire est une infrastructure mais la maintenir en état en est une autre souvent négligée. Le MODELI traite la gestion post-livraison comme une composante à part entière du projet.

Dans les établissements scolaires, les Comités de gestion des établissements scolaires (COGES) prennent le relais. Pour les ouvrages hydrauliques villageois, les Comités de gestion des points d’eau (CGPE) assurent l’entretien et la maintenance préventive. Ces structures sont mises en place selon un processus participatif clair, avec des membres choisis par la communauté, un bureau exécutif élu et des assemblées générales régulières pour rendre compte.
La redevabilité fonctionne dans les deux sens. Les comités rendent compte aux habitants. Les agents de la collectivité assurent un accompagnement technique : formation à la gestion, à la maintenance, à la tenue des registres, suivi dans la durée. Avec cette méthode, les agents ne sont plus uniquement des maîtres d’ouvrage, mais des garants de la pérennité des investissements.
Les effets sont visibles. Une pompe entretenue selon un calendrier précis, avec un fonds de maintenance alimenté localement et des artisans formés, continue de fonctionner bien au-delà de sa première année. Une école dont le COGES suit l’état des salles, des latrines et des points d’eau reste un cadre d’apprentissage digne pour les élèves.
Le MODELI introduit dans la pratique des collectivités un principe fondamental à savoir une infrastructure sans mécanisme de gestion est une charge mais une infrastructure gérée collectivement devient un actif.
(AIP)
fmo

