Abidjan, 16 juil 2025 (AIP) – Les prix mondiaux du café ont atteint des niveaux records en 2024 et devraient poursuivre leur ascension en 2025, selon l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation mondiale du café (OIC), en raison de conditions climatiques défavorables dans les pays producteurs majeurs et d’une demande mondiale en forte hausse.
D’après les dernières données publiées par la FAO, les prix mondiaux du café ont bondi de 38,8 % en 2024 par rapport à l’année précédente, atteignant leur plus haut niveau depuis les années 1970. Le prix de l’arabica a augmenté de 58 % sur un an, tandis que le robusta a connu une hausse exceptionnelle de 70 %, réduisant ainsi l’écart entre les deux variétés pour la première fois depuis près de 30 ans.
Cette flambée s’explique principalement par une baisse marquée de la production au Brésil, au Vietnam et en Indonésie, provoquée par des phénomènes climatiques extrêmes : sécheresse prolongée, températures élevées et précipitations excessives. Le Brésil, premier producteur et exportateur mondial, prévoit une récolte en recul de 4,4 % en 2025, avec seulement 51,8 millions de sacs de 60 kg attendus, contre 52,4 millions en 2024.
Au Vietnam, la production a chuté de 20 % en 2023-2024, accompagnée d’une baisse des exportations pour la deuxième année consécutive. En Indonésie, la récolte a plongé de 16,5 %, impactée par des pluies torrentielles.
Parallèlement, la demande mondiale, notamment en Asie, ne faiblit pas, exerçant une pression supplémentaire sur les prix. En janvier 2025, l’indice composite de l’OIC atteignait 310,12 dollars, soit une hausse de 75,8 % en un an, et a continué d’augmenter en février pour frôler les 375 dollars.
La FAO alerte sur les répercussions de cette hausse sur les consommateurs, qui paient déjà leur café 6,6 % plus cher aux États-Unis et 3,75 % de plus en Europe. En réponse, des investissements dans des pratiques agricoles plus résilientes au climat sont préconisés, notamment au bénéfice des petits exploitants qui assurent 80 % de la production mondiale.
En Côte d’Ivoire, cette conjoncture mondiale a conduit à une revalorisation sans précédent du prix garanti au producteur pour la campagne caféière 2024-2025. Fixé à 1500 F CFA le kilogramme, soit une augmentation de 55 %, ce tarif concerne le café bien séché, bien décortiqué et bien trié. Cette mesure gouvernementale vise à encourager la production nationale et à rééquilibrer la filière café-cacao.
Avec une valeur annuelle de production dépassant les 20 milliards de dollars et des échanges mondiaux évalués à plus de 25 milliards, le secteur du café, qui génère plus de 200 milliards de dollars de revenus à l’échelle mondiale, reste un pilier de nombreuses économies agricoles.
Mais son avenir reste incertain, soumis à la volatilité des marchés, aux aléas climatiques et aux tensions commerciales, notamment avec l’annonce récente de nouveaux droits de douane par l’administration américaine.
(AIP)
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