Abidjan, 10 sept 2025 (AIP) – L’Agence de développement de la filière manioc en Côte d’Ivoire (ADFMA) a annoncé, mardi 9 septembre 2025 à Bingerville, un partenariat scientifique avec le Centre régional d’excellence pour les phytopathogènes transfrontaliers (Wave), pour améliorer la productivité et réduire les pertes post-récolte estimées à près de 40% de la production nationale.
« Là où un hectare de manioc devrait donner entre 25 et 35 tonnes, nous nous retrouvons avec 10 à 18 tonnes. C’est une perte qui peut aller de 7 à 13 tonnes par hectare », a déclaré le président du conseil d’administration de l’ADFMA, Memel Kevin Yedo, lors d’une rencontre avec son partenaire technique et scientifique.
Selon lui, deux niveaux de pertes affectent la filière. « La première est liée à la rentabilité même de la production, et la seconde à la difficulté de ventiler rapidement le manioc une fois récolté, car au-delà de 72 heures, il devient impropre à certaines transformations », a-t-il expliqué.
La Côte d’Ivoire produit environ cinq millions de tonnes de manioc par an, mais seule une partie atteint les circuits de transformation et de consommation, notamment pour l’attiéké, plat de base très prisé.
La délégation de l’ADFMA, composée de producteurs, transformateurs et commerçants élus lors des récentes élections régionales de la filière, plaide également pour une meilleure application des décrets encadrant l’utilisation des terres rurales. « L’État a déjà limité l’urbanisation des zones rurales et prévu un quota de terres pour les cultures vivrières. Le défi est dans l’application », a souligné M. Yedo.
L’ADFMA projette de lancer dans les prochaines semaines l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) manioc, avec l’appui du ministère de l’Agriculture et de l’Union européenne, afin de structurer davantage la filière.
(AIP)
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