Abidjan, 13 nov 2025 (AIP) – L’Afrique a réaffirmé avec force, mardi 11 novembre 2025 à Belém, au Brésil, son exigence d’un nouvel objectif collectif et chiffré de financement climatique, à la hauteur des urgences et des besoins concrets du continent, lors de la Journée de l’Afrique à la COP30.
Placée sous le thème « L’Afrique à l’avant-garde de l’action climatique : un financement durable pour une croissance verte résiliente et inclusive », la rencontre a réuni ministres, institutions panafricaines, partenaires au développement et représentants de la jeunesse, autour d’une même conviction, à savoir « sans financement équitable et durable, il n’y aura pas de transition verte juste pour l’Afrique ».
Malgré son rôle crucial dans la régulation climatique mondiale (20 % des puits de carbone de la planète pour moins de 4 % des émissions de gaz à effet de serre), le continent ne reçoit que 3 % des financements climatiques globaux. Une iniquité dénoncée comme un frein à la mise en œuvre des politiques d’adaptation et de croissance verte.
« L’Afrique parle d’une seule voix, forte et unie, pour la justice climatique. Nous ne sommes pas de simples bénéficiaires de la transition mondiale, mais des acteurs porteurs de solutions justes et africaines », a affirmé le Commissaire de l’Union africaine chargé de l’environnement durable, Moses Vilakati.
Les échanges ont porté sur la nécessité de mobiliser des financements innovants, équitables et non générateurs de dette, de valoriser les ressources internes (plus de 350 milliards de dollars en fonds souverains et caisses de retraite) et de restructurer l’architecture financière mondiale pour permettre un accès direct aux ressources par les pays africains.
Selon le vice-président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Kevin Kariuki, « la lutte contre le changement climatique est au cœur de l’ambition africaine. Il s’agit de bâtir des infrastructures résilientes, transformer la démographie en atout et libérer la puissance du capital africain ».
Les participants ont également plaidé pour une tarification juste du carbone et la mise en œuvre effective des engagements pris à Bakou, notamment la mobilisation de 300 milliards de dollars par an pour l’Afrique dans le cadre de l’objectif mondial de financement climatique d’ici 2030.
À Belém, le message du continent a été sans équivoque, à savoir l’Afrique ne demande pas la charité, mais un partenariat équitable. Elle revendique un nouveau pacte climatique mondial qui reconnaisse son leadership, récompense sa contribution à la préservation de la planète et investisse dans son avenir vert et résilient.
(AIP)
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