Abidjan, 08 jan 2026 (AIP) – Le vice-président de l’Université Félix Houphouët-Boigny, Professeur Dion Yodé Simplice, a plaidé le jeudi 8 janvier 2026, pour une transformation concrète du droit existant en une justice réellement accessible et effective pour toutes les femmes et les filles de Côte d’Ivoire, lors d’une conférence thématique organisée au Palais de la culture de Treichville, dans le cadre du lancement des activités de la Journée internationale des droits de la Femme (JIF) 2026.
Animant une communication sur le thème « Garantir l’accès à la justice pour toutes les femmes et filles de Côte d’Ivoire : défis et perspectives », l’universitaire a soutenu que la grandeur d’une nation se mesure à la manière dont elle traite les femmes et les filles, estimant que l’accès à la justice constitue un indicateur décisif de maturité démocratique.
Selon le conférencier, la Côte d’Ivoire dispose d’une batterie de textes juridiques protecteurs, mais l’enjeu majeur demeure leur effectivité dans le quotidien des femmes, en particulier les plus vulnérables. « L’enjeu n’est pas de fixer la norme, mais de savoir si les femmes et les filles bénéficient réellement de cette norme », a-t-il insisté.
Pr Dion a identifié plusieurs obstacles majeurs à l’accès à la justice, notamment le déficit d’information juridique, les coûts économiques des procédures, la lenteur judiciaire, la peur de la stigmatisation sociale, les pressions familiales et la banalisation de certaines violences. Il a relevé que le langage juridique reste souvent inaccessible aux femmes, surtout en milieu rural, rendant leurs droits théoriques difficilement exerçables.
Pour y remédier, il a préconisé des actions de proximité, telles que la vulgarisation du droit dans un langage simple, le rapprochement des services judiciaires des populations, la simplification et l’accélération des procédures, ainsi que le renforcement de l’accompagnement juridique et social des victimes. Il a également appelé à une formation continue des acteurs institutionnels et à une mobilisation accrue des communautés pour briser le silence autour des violences basées sur le genre.
Le conférencier a par ailleurs souligné le rôle stratégique de l’université dans l’évaluation des politiques publiques et la production de connaissances utiles à l’amélioration des mécanismes d’accès à la justice, rappelant qu’« aucune nation ne dépasse le niveau de son école ».
Abordant la symbolique du pagne officiel du 8 mars, Pr Dion Yodé Simplice a invité les femmes à en faire un symbole de citoyenneté et de combat, appelant à rompre avec le silence et à refuser toute forme de résignation face aux injustices.
Il a conclu en exhortant les décideurs à faire de l’accès à la justice un choix politique majeur, estimant qu’« un droit qui ne peut pas être exercé est une justice inachevée », et invitant les femmes à prendre pleinement conscience de l’ampleur du combat pour leurs droits.
(AIP)
cmas

