Abidjan, 10 jan 2026 (AIP) – L’armée iranienne a annoncé, samedi 10 janvier 2026, qu’elle protégerait les infrastructures stratégiques et les biens publics, exhortant les citoyens à déjouer les « complots de l’ennemi », au 13e jour des manifestations, initialement liées à la hausse du coût de la vie.
Selon des médias internationaux, la contestation se poursuit dans plusieurs villes malgré une coupure nationale d’internet et une répression accrue.
L’armée iranienne a appelé les citoyens à déjouer les « complots de l’ennemi », expression désignant selon Téhéran les actions supposées de forces étrangères ou de groupes hostiles cherchant à déstabiliser le régime. Cette déclaration intervient après des menaces formulées par le président américain Donald Trump.
Les médias officiels rapportent des incidents dans plusieurs villes, dont Karaj, Shiraz, Qom et Hamedan, faisant état de bâtiments incendiés et de membres des forces de sécurité tués. Selon l’ONG HRANA, 65 personnes ont perdu la vie depuis le début des manifestations, dont 50 manifestants et 15 membres des forces de l’ordre, et plus de 2 500 individus ont été arrêtés, selon Hengaw.
Le fils du dernier shah, Reza Pahlavi, appelle à une mobilisation générale et à des grèves dans les secteurs clés de l’économie, tandis que le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, accuse les manifestants d’agir pour le compte des États-Unis. Amnesty International et plusieurs défenseurs des droits humains s’alarment d’une intensification de la répression et craignent un « massacre » sous le « black-out » total du pays.
Les manifestations en Iran, qui ont débuté en réponse à la détérioration des conditions économiques et à la hausse du coût de la vie, s’inscrivent dans une série de mouvements sociaux récurrents dans le pays.
Depuis la révolution islamique de 1979, l’Iran a connu plusieurs vagues de protestation, notamment celles des étudiants en 1999, des élections contestées en 2009, des troubles économiques en 2019, et le mouvement « Femme, vie, liberté » en 2022 après la mort en détention de la jeune Mahsa Amini, engagée autrefois dans la lutte pour les droits des femmes et la justice sociale en Iran.
Ces mobilisations sont régulièrement confrontées à une répression sévère, incluant des coupures d’internet, des arrestations massives, et l’usage de la force létale par les forces de sécurité.
(AIP)
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