Abidjan, 26 avr 2026 (AIP) – Le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa Coulibaly, a présenté à Washington, en marge des réunions de printemps de la Banque mondiale, la stratégie ivoirienne relative au gaz naturel, inscrite dans une dynamique de renforcement de l’indépendance énergétique du pays.
Il a indiqué que la Côte d’Ivoire entend mobiliser des investissements structurants afin de consolider son autonomie énergétique à partir de ses ressources nationales. Dans cette perspective, le gouvernement accorde la priorité à la satisfaction de la demande intérieure en gaz, avant toute opération de liquéfaction et d’exportation des excédents.
« Délibérément, je ne parle pas d’installations de liquéfaction pour l’exportation. Il faut d’abord satisfaire la demande nationale avant de liquéfier le surplus de gaz pour l’exportation », a-t-il souligné.
Selon le ministre, cette orientation traduit une volonté politique de faire de l’énergie un levier de transformation économique interne plutôt qu’une simple source de devises, en inscrivant le gaz naturel au cœur du processus d’industrialisation du pays.
Il a également rappelé que le développement du secteur gazier repose sur la mise en place d’une chaîne d’infrastructures complexes et fortement capitalistiques, permettant notamment l’acheminement du gaz vers les zones de consommation et l’alimentation des centrales thermiques.
« Nos besoins immédiats sont clairs : des pipelines, des installations de traitement et des infrastructures pour acheminer le gaz vers les centrales », a-t-il précisé.
Dans un contexte de forte croissance de la demande en électricité, estimée entre 10 % et 15 % par an, portée par les besoins nationaux et ceux des pays voisins interconnectés, la Côte d’Ivoire fait face à des tensions croissantes sur l’approvisionnement en gaz.
Toutefois, les récentes découvertes, notamment celle du gisement Calao dont les réserves sont évaluées à environ 5 trillions de pieds cubes, ouvrent des perspectives significatives. Selon Sangafowa Coulibaly, ce potentiel pourrait permettre de tripler la production énergétique nationale dans les années à venir.

Au-delà de ces perspectives, l’enjeu stratégique demeure la sécurisation durable de l’approvisionnement énergétique national, tout en renforçant le positionnement de la Côte d’Ivoire comme acteur majeur de la fourniture d’électricité dans la sous-région.
L’Afrique dispose d’environ 120 milliards de barils de pétrole et 650 trillions de pieds cubes de gaz, mais malgré ce potentiel, entre 70% et 80% de son pétrole est exporté brut avant d’être réimporté sous forme raffinée à des coûts nettement plus élevés.
(AIP)
bsp/cmas

