Bongouanou, 21 jan 2026 (AIP)- Le chef du village d’Akakro, dans la commune de Bongouanou, Nanan Tano Atoukloua, a placé la paix et la cohésion sociale au cœur de ses vœux pour l’année 2026, estimant qu’elles constituent un préalable indispensable à tout développement durable, lors d’une interview accordée à l’AIP, lundi 19 janvier 2026.
Nanan Tano Atoukloua a insisté sur la nécessité de préserver la paix dans les villages, soulignant que le climat social demeure fragile dans certaines localités. Il a notamment pointé du doigt les tensions récurrentes liées à l’orpaillage illégal, qu’il considère comme un défi majeur pour les autorités coutumières.
« Avec l’orpaillage illégal, nous avons véritablement du pain sur la planche », a-t-il confié, appelant les autorités administratives, politiques et coutumières à accompagner davantage les chefs de village dans leurs missions afin de restaurer la paix d’antan et de réduire les troubles sociaux.
Abordant le volet du développement local, le chef d’Akakro a indiqué que le village dispose d’un potentiel réel, mais demeure confronté à de nombreux besoins. Il a notamment évoqué l’état de dégradation avancée de la première école du village, qui a formé plusieurs cadres, plaidant pour sa réhabilitation.
La question de l’accès à l’eau potable reste également préoccupante. Selon lui, le système d’hydraulique villageoise améliorée (HVA) mérite d’être renforcé afin d’assurer une meilleure desserte en eau à la population.
Nanan Tano Atoukloua a, par ailleurs, attiré l’attention sur les effets de l’occupation anarchique de l’espace, aggravée par l’afflux de personnes venues de la sous-région pour l’orpaillage. Cette situation nuit, selon lui, à l’image du village et entrave la circulation, avec des marchandises parfois entreposées jusqu’à la voie principale. Il a sollicité l’appui du maire de la commune pour contribuer à l’assainissement de l’espace, notamment en orientant les commerçants installés sur la chaussée vers la place du marché.
Le chef du village a également exprimé sa préoccupation face à la situation de la jeunesse. Faute d’infrastructures et de débouchés économiques, de nombreux jeunes se tournent vers l’orpaillage illégal, entraînant une pénurie de main-d’œuvre agricole et rendant les activités paysannes de plus en plus difficiles.
Bien qu’Akakro dispose d’un centre de santé et d’une école maternelle, Nanan Tano Atoukloua estime que ces acquis demeurent insuffisants. Il a appelé les cadres, les chefs et l’ensemble des fils et filles du village à s’impliquer dans une réflexion collective afin d’identifier les priorités et impulser un développement harmonieux.
Pour le chef du village, le développement ne saurait être l’affaire d’un seul acteur, mais repose sur l’engagement de tous, dans un climat de paix et de responsabilité partagée.
(AIP)
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