Bouaké, 23 jan 2026 (AIP)- La coordonnatrice du programme FISH4ACP à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Djiré Foungnigué, a conduit, jeudi 22 janvier 2026, une mission de suivi des activités du projet FISH4ACP à la ferme piscicole du village de Dibinou, dénommée Complexe agro-piscicole intégré (CAPI), située dans la sous-préfecture de Bodokro, département de Béoumi.
Cette visite s’inscrivait dans le cadre du suivi des fermes piscicoles pilotes mises en place par la FAO dans le cadre du programme FISH4ACP, financé par l’Union européenne et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ). Le programme vise à soutenir le développement durable de la pisciculture de tilapia en Côte d’Ivoire.
Selon Mme Djiré Foungnigué, la FAO a accompagné la mise en place de dix fermes piscicoles pilotes sur l’ensemble du territoire national. Pour chacune de ces fermes, un diagnostic initial a été réalisé afin d’identifier les contraintes liées aux infrastructures, à l’organisation de la production et aux pratiques techniques. Sur la base de ce diagnostic, des appuis ont été apportés sous forme de travaux d’aménagement, de fourniture d’équipements, de suivi technique assuré par un partenaire, ainsi que de mise à disposition d’aliments pour poissons.
La coordonnatrice du programme a indiqué que ces fermes pilotes ont vocation à servir de références nationales pour les pisciculteurs en activité, ainsi que pour les personnes souhaitant s’installer dans la filière, en leur permettant de s’inspirer de modèles de production reproductibles.
La mission de suivi a démarré par la ferme pilote de Dibinou, en présence d’étudiants, d’acteurs de la recherche, de représentants de la direction départementale du ministère des Ressources animales et halieutiques (MIRAH) de Béoumi, d’organisations non gouvernementales, ainsi que du Partenariat multi-acteurs de l’aquaculture en Côte d’Ivoire (PM2ACI). Cette étape visait à présenter les acquis du projet, les pratiques mises en œuvre sur la ferme et les résultats enregistrés.
Mme Djiré Foungnigué a fait état d’un constat positif de la mise en œuvre du projet sur l’ensemble des dix fermes pilotes, notamment, à la ferme CAPI de Dibinou. Elle a relevé des changements observés dans la collecte et le suivi des données de production, avec la prise en compte régulière des paramètres physico-chimiques de l’eau tels que l’oxygène dissous, la température et le pH. Ces données permettent d’anticiper et de limiter les difficultés liées à l’élevage.

Elle a également mentionné l’amélioration de la gestion de l’alimentation des poissons, avec le calcul des rations distribuées, la réduction des pertes d’aliments et l’enregistrement quotidien des données de production, contribuant à la traçabilité du fonctionnement des fermes. Elle a par ailleurs indiqué que les fermes s’approvisionnent désormais en alevins auprès de structures autorisées, ce qui permet d’obtenir des alevins conformes aux normes et d’améliorer les résultats de production.
Selon la coordonnatrice du programme, l’objectif du projet FISH4ACP est d’encourager un plus grand nombre d’ivoiriens à s’engager dans la pisciculture afin d’accroître la capacité nationale de production de poisson. Elle a expliqué que les fermes pilotes démontrent qu’il est possible d’augmenter la productivité sur un même espace grâce à une planification de la production, un plan de commercialisation et un suivi technique structuré.
La visite de la ferme CAPI a été précédée d’une présentation portant sur l’historique de la ferme, le diagnostic réalisé avant l’intervention du projet, les actions mises en œuvre par FISH4ACP et l’évolution des pratiques de production. Cette présentation a été assurée par le chef de projet de l’Institut APDRA (Pisciculture paysanne), partenaire technique de la FAO.
Le représentant de l’APDRA, Timothé Niamien, a précisé que son institut a été chargé de l’accompagnement technique des dix fermes pilotes. Cet accompagnement porte sur deux volets, à savoir le volet technique et le volet économique. Sur le plan technique, l’APDRA a appuyé la remise en état des étangs de production, la planification des activités, l’élaboration de plans de production, ainsi que l’organisation des opérations d’empoissonnement et d’approvisionnement en aliments.
Sur le plan économique, les pisciculteurs ont été formés à la comptabilité simplifiée afin d’enregistrer les opérations de production, les charges et les recettes, et d’évaluer la rentabilité de leurs exploitations. À la ferme pilote de Dibinou, l’encadrement porte sur la production et la commercialisation, avec un suivi des phases de pré-grossissement et de grossissement des poissons, l’adaptation de l’alimentation au nombre de poissons et le contrôle de la qualité de l’eau.
Le gestionnaire du Complexe agro-piscicole intégré de Dibinou, Kouassi Yao Ghislain, a exprimé sa satisfaction quant à la sélection de la ferme CAPI comme site pilote du projet. Il a indiqué que l’intégration au projet a permis d’améliorer l’organisation des activités, l’encadrement technique et la gestion de la production, tout en soulignant l’évolution progressive des revenus générés par la ferme.
M. Kouassi Yao Ghislain a invité les jeunes à s’intéresser à la pisciculture, qu’il a présentée comme une activité génératrice de revenus. Il a estimé que la raréfaction des ressources halieutiques naturelles renforce l’intérêt de l’élevage de poissons. Il a également exprimé sa reconnaissance au promoteur de la ferme CAPI, Yao Didier, pour son accompagnement et ses conseils dans son parcours professionnel.
(AIP)
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