Abidjan, 23 jan 2026 (AIP) – Le chômage mondial devrait se maintenir à un taux stable de 4,9 % en 2026, mais les progrès vers le travail décent marquent le pas, révèle le nouveau rapport de l’Organisation internationale du Travail (OIT) intitulé “Tendances sociales et de l’emploi 2026”.
Selon ce rapport publié à Genève, si la croissance économique fait preuve de résilience, environ 186 millions de personnes restent sans emploi à l’échelle mondiale.
Le directeur général de l’OIT, Gilbert F. Houngbo, avertit que cette stabilité apparente masque une réalité alarmante. « Des centaines de millions de travailleurs demeurent piégés dans la pauvreté, l’informalité et l’exclusion », a-t-il relevé.
L’étude souligne une dégradation de la qualité de l’emploi. Près de 300 millions de travailleurs vivent encore dans l’extrême pauvreté avec moins de trois dollars par jour. Le secteur informel continue de croître et devrait absorber 2,1 milliards de personnes d’ici la fin de l’année 2026. Ces travailleurs, privés de protection sociale et de sécurité de l’emploi, se trouvent majoritairement dans les pays à faible revenu où la transition vers des industries à plus forte valeur ajoutée stagne.
Le rapport pointe la situation critique des jeunes et des femmes. En 2025, le chômage des jeunes a atteint 12,4 %, et environ 260 millions de jeunes se retrouvent dans la catégorie des NEET (ni en emploi, ni en éducation, ni en formation). Dans les pays les plus pauvres, ce taux grimpe à 27,9 %. L’OIT exprime également une vive inquiétude face à l’intelligence artificielle (IA), qui pourrait fragiliser davantage l’accès au premier emploi pour les jeunes diplômés.
Concernant les inégalités de genre, les femmes ne représentent que 40 % de l’emploi mondial et ont 24 % de chances en moins que les hommes d’intégrer le marché du travail. Les progrès en la matière semblent s’être essoufflés, selon les experts de l’organisation.
Le vieillissement des populations dans les pays riches ralentit la croissance de la population active, tandis que les pays à faible revenu peinent à transformer leur dividende démographique en emplois productifs, explique le rapport.
Pour remédier à ces déficits de travail décent, l’OIT préconise une série de mesures urgentes notamment investir massivement dans les compétences, l’éducation et les infrastructures pour booster la productivité. Ensuite, lever les obstacles à la participation des femmes et des jeunes au marché du travail, exploiter l’intelligence artificielle de manière responsable et atténuer les risques liés à l’endettement des pays pauvres pour favoriser une justice sociale globale.
« A moins d’une action concertée des gouvernements, des employeurs et des travailleurs, la cohésion sociale sera menacée », a conclu M. Houngbo.
(AIP)
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