Abidjan, 11 fév 2026 (AIP) – La faible utilisation des semences certifiées en Afrique de l’Ouest va dominer les débats, mercredi 11 février 2026 à Abidjan, à l’ouverture d’un atelier sous-régional consacré à la réflexion stratégique sur le secteur semencier.
Selon les données évoquées par les experts, environ 20 % des agriculteurs de la région utilisent des semences certifiées, un taux jugé insuffisant au regard des objectifs de productivité agricole.
« En Afrique de l’Ouest, seuls environ 20 % des agriculteurs utilisent des semences certifiées », a indiqué le directeur exécutif du Conseil Ouest et Centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF), Dr Mounini Savadogo, estimant que cette situation appelle une réponse collective.
Il a interrogé la place des systèmes semenciers paysans dans l’architecture régionale. « Si seulement 20 % des agriculteurs utilisent des semences certifiées, qu’en est-il des 80 % restants ? », a-t-il déclaré, plaidant pour une stratégie conciliant systèmes formels et semences détenues par les producteurs.
Les premières suivent un processus normé de production et de certification, tandis que les secondes évoluent en dehors d’un cadre réglementaire régional harmonisé.
« Il y a lieu de réfléchir à une stratégie qui concilie les semences conventionnelles et celles détenues par les agriculteurs », a ajouté Dr Savadogo.
Pour le directeur de la recherche et de l’innovation du CORAF, Emmanuel Njukwe, basé à Dakar, cet atelier sous-régional sur le secteur semencier, va renforcer l’harmonisation des politiques semencières en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale.
« Nous connaissons tous l’importance des semences pour l’agriculture. Sans bonnes semences, il est impossible d’obtenir de bons rendements », a expliqué M. Njukwe. Il a souligné la nécessité de réunir tous les acteurs du secteur afin d’assurer que les semences utilisées par les producteurs répondent aux standards de qualité.
L’expert a également insisté sur l’intégration des semences paysannes, qui représentent la majorité de l’approvisionnement actuel des producteurs. « La plupart des producteurs agricoles utilisent ou ont accès aux semences paysannes, qui couvrent près de 80 % de l’offre », a-t-il précisé, soulignant l’importance de concilier les systèmes formels et informels pour garantir la qualité.
Selon lui, la faible utilisation de semences certifiées, estimée à 20 % en Afrique, s’explique par des contraintes techniques, infrastructurelles et logistiques. « Notre politique doit offrir au secteur privé des opportunités pour produire des semences de qualité et accroître leur disponibilité et accessibilité », a ajouté M. Njukwe.

L’atelier, qui se tient du 11 au 13 février, à Abidjan, doit permettre d’identifier des actions concrètes pour opérationnaliser les conclusions des précédentes réunions, renforcer la collaboration entre les acteurs et faciliter l’accès des producteurs à des semences sécuritaires et adaptées aux besoins locaux.
Organisé par le CORAF en collaboration avec la FAO, le programme Technologies pour la transformation de l’agriculture africaine (TAAT) et l’Organisation africaine pour le développement du secteur semencier (AfricaSeeds), l’atelier réunit producteurs agricoles, producteurs de semences, secteur privé et décideurs pour définir des stratégies communes d’accès à des semences de qualité.
La rencontre rassemble également des représentants de la CEDEAO, de l’UEMOA, du CILSS, de la FAO et d’autres partenaires techniques.
Les travaux doivent déboucher sur des orientations stratégiques visant à renforcer l’approvisionnement en semences de qualité, à améliorer l’application des textes en vigueur et à soutenir la mise en place d’une politique semencière régionale adaptée aux réalités des producteurs en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
Le Conseil Ouest et Centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF) est une organisation sous-régionale constituée des systèmes nationaux de recherche agricole de 23 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Il a été créé en 1987, et a reçu pour mandat de coordonner et de faciliter les produits de recherche novateurs et de pointe nécessaires pour libérer le potentiel agricole de l’Afrique de l’Ouest et du Centre.
(AIP)
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