Abidjan, 13 fév 2026 (AIP) – La transition politique en Syrie connaît une dynamique encourageante après un accord historique conclu le 30 janvier 2026 entre le gouvernement de Damas et les Forces démocratiques syriennes (FDS).
Toutefois, la reprise des violences dans le Sud du pays et la gravité de la situation humanitaire continuent de fragiliser le processus, ont indiqué vendredi 13 février, de hauts responsables de l’Organisation des Nations Unies devant le Conseil de sécurité.
L’Envoyé spécial adjoint pour la Syrie, Claudio Cordone, a qualifié l’accord de cessez-le-feu et d’intégration du nord-est de « potentiellement transformateur ». Le texte prévoit une intégration militaire et administrative progressive de la région, ainsi que des garanties pour le retour des personnes déplacées et la protection des droits civils et éducatifs des Kurdes.
Selon lui, les hostilités ont cessé dans le nord-est et l’élaboration d’un plan de mise en œuvre progresse, avec notamment le déploiement de forces du ministère syrien de l’Intérieur à Al-Hasakeh et Qamishli et des discussions en cours sur la gouvernance locale.
Dans une déclaration publiée jeudi, le Conseil de sécurité a salué cet « accord global », appelant à son application intégrale afin de réduire les souffrances des civils et d’éviter tout vide sécuritaire autour des centres de détention liés à Daech. L’ONU suit par ailleurs de près les transferts de suspects vers l’Iraq, insistant sur le respect des normes d’un procès équitable et exhortant les États à rapatrier rapidement leurs ressortissants.
Malgré cette avancée, la situation reste tendue dans d’autres régions. L’ONU a appelé au respect du droit international et au retrait des zones occupées en violation de l’Accord de désengagement des forces de 1974.
Sur le plan humanitaire, la directrice du financement au Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), Lisa Doughten, a fait état de dizaines de milliers de déplacés récents. Environ 130 000 personnes restent déracinées dans les gouvernorats d’Al-Hasakeh, d’Ar-Raqqa et d’Alep, dont plus de 90% sont des femmes et des filles vivant dans des conditions précaires.
Sur le plan politique, la formation de l’Assemblée du peuple constitue la prochaine étape de la transition. Les autorités doivent encore confirmer la nomination de 70 membres par le président Ahmed al-Charia et fixer la date de la session inaugurale.
L’ONU insiste sur la nécessité d’une représentation inclusive des régions et des différentes composantes de la société syrienne, ainsi que sur la protection des droits humains et la participation pleine et entière des femmes au processus politique.
(AIP)
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