Bouna, 14 mars 2026 (AIP) – Le juge d’instruction du Tribunal de première instance de Bouna, N’guessan Yao Anderson, a animé, vendredi 13 mars 2026, au foyer des jeunes, une conférence sur les mécanismes de protection des femmes dans le droit ivoirien, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes (JIF), afin de mieux informer les femmes du Bounkani sur les dispositifs juridiques existants pour leur défense.
S’adressant à l’auditoire, le magistrat a présenté l’arsenal juridique dont disposent les femmes en Côte d’Ivoire pour se prémunir contre les abus, les violences et les discriminations. « Je voudrais vous dire avec force que le droit ivoirien contient aujourd’hui un ensemble important de dispositions destinées à protéger la femme contre les abus, les violences et les discriminations », a-t-il déclaré.
Il a rappelé que les droits fondamentaux reconnus aux femmes sont identiques à ceux des hommes, notamment en matière de dignité, de liberté et de protection, avant de détailler plusieurs infractions prévues et sanctionnées par la loi lorsqu’elles visent les femmes.

Au nombre des infractions commises contre les femmes, le juge d’instruction a évoqué le viol, puni de cinq à vingt ans et passible d’emprisonnement à vie lorsque l’acte a entraîné une mutilation, ou une infirmité permanente ou la mort de la victime. Il a également cité d’autres infractions telles que l’attentat à la pudeur, les coups et blessures volontaires, le harcèlement sexuel, les mutilations génitales féminines, les mariages précoces ou forcés, la traite des personnes, l’abandon de famille. Toutes ces infractions sont sévèrement réprimées, a-t-il averti.
Abordant les voies de recours, le magistrat a indiqué que les premières structures vers lesquelles une femme victime peut se tourner sont la police et la gendarmerie, chargées de recevoir les plaintes, de constater les faits et de diligenter les enquêtes. Il y a aussi le parquet. « La femme victime d’une infraction peut également saisir directement le procureur par une lettre de plainte en précisant l’identité complète du mis en cause et son contact téléphonique pour dénoncer les faits », a-t-il précisé.
N’guessan Yao Anderson a achevé sa conférence avec les affaires civiles. A ce niveau il informé les femmes qu’elles peuvent saisir le tribunal pour revendiquer un droit de propriété. « La femme n’est pas seulement la gardienne du foyer, mais aussi une titulaire de droits reconnus et protégés par la loi » leur a-t-il fait savoir.

La directrice régionale de la Femme, de la Famille et de l’Enfant du Bounkani, Zokou Danielle, a salué la qualité de cette conférence, exprimant sa gratitude au magistrat pour ces informations utiles qu’il a partagées avec les femmes afin de renforcer leur connaissance de leurs droits et les moyens de protection.
(AIP)
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