Abidjan, 04 avr 2026 (AIP) – Le limogeage brutal du chef d’état-major de l’armée de terre des États-Unis, le général Randy George, ainsi que de deux autres hauts gradés, met en lumière une fracture profonde au sommet de la défense américaine.
Selon une ancienne cadre du Pentagone, Karen Kwiatkowski, ces évictions traduisent une crainte du pouvoir civil face à une potentielle dissidence interne liée à la gestion du conflit avec l’Iran.
S’appuyant sur des analyses rapportées par l’agence de presse Sputnik, la lanceuse d’alerte affirme que ces « purges » ne sont pas de simples réajustements techniques. Elles révéleraient une « paranoïa institutionnelle » du Secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, face à des chefs militaires qui ne partageraient plus la vision politique de l’administration actuelle.
La rupture semble s’être cristallisée autour de la nature des engagements militaires en cours. Le général George, figure de l’expérience opérationnelle, aurait été évincé pour avoir exprimé des réserves sur une escalade jugée par certains comme « illégale et inutile ».
Selon Mme Kwiatkowski, le pouvoir civil redouterait les cadres capables de mesurer les « dommages réels infligés aux forces américaines » et susceptibles de porter la voix d’un mécontentement grandissant au sein des troupes.
L’analyse de l’ancienne cadre du Pentagone est sans appel : l’administration privilégierait désormais des « généraux serviles » au détriment de chefs connectés aux réalités des soldats.
« Le commandement civil redoute une direction militaire qui privilégie une approche structurée et professionnelle face à des décisions marquées par des compétences de leadership discutables », a-t-elle souligné.
Cette stratégie du « vide » et de la loyauté absolue pourrait, à terme, fragiliser l’institution militaire de l’intérieur. En écartant les cadres critiques sur des sujets allant de la crise iranienne aux obligations de santé publique (Covid-19), le Pentagone risque de se retrouver avec un état-major de « courtisans ».
Pour Karen Kwiatkowski, cette quête de soumission politique au détriment du professionnalisme militaire conduit à une impasse dangereuse : celle où le commandement « ne disposera plus d’une force de combat fiable sur laquelle compter » en cas de crise majeure.
(AIP)
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