Abidjan, 10 avr 2026 (AIP) – La cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, a appelé jeudi 9 avril 2026 à une suspension « généralisée » des règles européennes encadrant les déficits publics, en cas de prolongation de la guerre au Moyen-Orient.
S’exprimant lors de son discours de politique générale devant la Chambre des députés, la présidente du Conseil a mis en garde contre les répercussions économiques du conflit, notamment la hausse des prix de l’énergie et les tensions géopolitiques impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran.
Selon des médias internationaux, Giorgia Meloni a estimé qu’une réponse coordonnée au niveau de l’Union européenne s’imposait. Elle a notamment évoqué la possibilité d’une suspension temporaire du Pacte de stabilité et de croissance, précisant qu’une telle mesure devrait être « généralisée » et non accordée au cas par cas.
« Si la crise devait perdurer, réfléchir à une suspension temporaire du Pacte ne devrait pas être un tabou », a-t-elle déclaré, évoquant le risque d’un choc énergétique majeur et de perturbations des chaînes d’approvisionnement.
Le commissaire européen à l’Économie, Valdis Dombrovskis, a rappelé que l’activation de la « clause dérogatoire générale » reste conditionnée à une crise économique sévère touchant l’ensemble de l’Union ou de la zone euro. « Nous ne sommes pas dans un tel scénario actuellement », a-t-il indiqué, évoquant un simple ralentissement de la croissance estimé à environ 0,5 % du PIB en 2026.
Il a également souligné que les règles budgétaires révisées en 2024 intègrent déjà des mécanismes offrant une certaine flexibilité aux États membres en période de tension.
Face à la hausse des prix de l’énergie liée au conflit, le gouvernement italien a déjà adopté des mesures temporaires, notamment une réduction des taxes sur les carburants. Giorgia Meloni s’est dite prête à aller plus loin afin de contenir les prix et préserver l’économie nationale.
Sur le plan intérieur, ces propositions suscitent des critiques. L’opposition, par la voix de Elly Schlein, a dénoncé « l’incohérence » de la cheffe du gouvernement, évoquant les difficultés croissantes des ménages italiens face à la hausse du coût de la vie.
Sur le plan budgétaire, l’Italie a légèrement dépassé en 2025 le seuil européen de 3 % de déficit public, atteignant 3,1 % du PIB, malgré les efforts de redressement engagés ces dernières années.
Dans ce contexte, Giorgia Meloni multiplie les initiatives diplomatiques pour sécuriser les approvisionnements énergétiques. Après une tournée dans les pays du Golfe, elle prévoit prochainement un déplacement en Azerbaïdjan.
(AIP)
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