Guitry, 12 avr 2026 (AIP) – Le district sanitaire de Guitry a dressé un bilan jugé mitigé de la prise en charge des femmes, de la période prénatale jusqu’au post-partum, à l’occasion de la première réunion trimestrielle du comité départemental de surveillance des décès maternels et de riposte (CDSDR), tenue mardi à la salle des conférences de la préfecture.
Présentant la situation devant l’autorité préfectorale, le directeur départemental de la santé, les directeurs et chefs de services, les chefs de villages, les guides religieux et responsables de communautés, l’exposant du jour, Dr Konan Jeanne, a déploré l’enregistrement de deux cas de décès maternels depuis le début de l’année, un chiffre qu’elle a qualifié d’excessif.
S’appuyant sur des données statistiques et des témoignages, la spécialiste a relevé plusieurs comportements à risques impliquant directement les proches des patientes. Elle a notamment pointé du doigt les retards, voire le refus de certains parents d’accompagner les femmes enceintes dans les centres de santé pour des soins appropriés.
Dr Konan a également dénoncé la persistance de pratiques traditionnelles dans certains villages et campements, où des matrones dissuadent les patientes de se rendre dans les structures sanitaires. Illustrant ses propos, elle a évoqué le cas d’une des deux femmes décédées, abandonnée après l’échec d’un traitement traditionnel et conduite tardivement à l’hôpital, avec un enfant déjà mort et un état de santé critique, conduisant finalement à son décès.
Selon elle, ces situations se multiplient dans le district, compliquant davantage la tâche du personnel soignant.
Cette rencontre, convoquée par la préfète de Guitry, Ida Grâce Camara, a permis de rappeler que le CDSDR, institué par arrêté préfectoral le 24 mai 2017, s’inscrit dans la politique de déconcentration de l’État visant à renforcer la surveillance des décès maternels et à favoriser une prise de décision concertée avec les autorités administratives et les communautés locales.
Le comité, qui se réunit trimestriellement, analyse les cas enregistrés et formule des recommandations pour améliorer la qualité de la prise en charge. À cet effet, Dr Konan a rappelé les résolutions issues de la précédente session afin d’évaluer les progrès réalisés.
Parmi les causes les plus fréquentes de décès maternels, elle a cité les grossesses extra-utérines, les hémorragies post-natales souvent liées à des avortements provoqués, ainsi que les complications chez des femmes excisées. Elle a insisté sur la nécessité d’une vigilance accrue de toutes les parties prenantes.
Lançant un appel pressant à l’ensemble des acteurs, Dr Konan a exhorté à une meilleure prise en charge des femmes enceintes.
La préfète Ida Grâce Camara a soutenu cet appel, soulignant qu’« il n’est pas normal que l’on donne la vie en perdant la sienne »
(AIP)
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