Abidjan, 21 avr 2026 (AIP) – La réflexion sur les enjeux territoriaux et socio-environnementaux de l’économie bleue en Afrique subsaharienne a été officiellement lancée mardi 21 avril 2026 à l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan-Cocody, à l’ouverture des XVᵉ Journées géographiques de Côte d’Ivoire, organisées par l’Association des géographes de Côte d’Ivoire (AGCI).
Placée sous le patronage du ministre d’État, conseiller spécial à la Présidence de la République, Kobénan Kouassi Adjoumani, cette rencontre scientifique qui se tient jusqu’au 24 avril ambitionne de repositionner la géographie comme un outil d’aide à la décision face aux défis liés à la valorisation durable des ressources marines et littorales.
Dès l’entame, la présidente du comité d’organisation, Dr Adayé Assunta, a situé le cadre en soulignant que le thème « interpelle à la fois les chercheurs, les décideurs et les acteurs du développement sur la nécessité de repenser notre rapport aux espaces marins et côtiers ».
Pour elle, « l’économie bleue, en tant que levier stratégique de croissance durable, offre des opportunités considérables », tout en posant des défis tels que « la dégradation des écosystèmes, les pressions anthropiques ou encore la vulnérabilité climatique ».
Dans son allocution d’ouverture, le ministre d’État, Conseiller à la Présidence de la République, Kobénan Kouassi Adjoumani a insisté sur la centralité du thème retenu, le qualifiant de « pertinence remarquablement aiguisée », en ce qu’il « traduit à la fois l’actualité des défis auxquels nous faisons face et la nécessité d’y apporter des réponses scientifiques, concertées et durables ».
S’attardant sur l’importance stratégique de ce secteur, il a affirmé sans détour que « l’économie bleue n’est plus une option. Elle est devenue une nécessité », la présentant comme « un levier stratégique de développement » capable de générer « croissance économique, emplois, sécurité alimentaire et valorisation des ressources naturelles ».
Toutefois, le ministre a mis en garde contre les contraintes majeures qui accompagnent cette dynamique, notamment « la gestion durable des ressources halieutiques, la préservation des écosystèmes marins et côtiers, la lutte contre les effets du changement climatique et l’aménagement équilibré des espaces littoraux ».
Il a, à cet effet, appelé les participants à « aller au-delà des constats » pour formuler « des recommandations concrètes, opérationnelles et adaptées aux réalités africaines ».

Dans la même veine, la présidente de l’AGCI, Pr Koffié Bikpo Céline, s’appuyant sur la pensée du géographe Yves Lacoste, a rappelé que « la géographie est une science des enjeux, une science du pouvoir, une science de l’action », soulignant son rôle dans l’éclairage des politiques publiques et la compréhension des dynamiques territoriales complexes.
Elle a insisté sur la nécessité pour la discipline de « s’affirmer comme une science audible, visible et utile », capable d’accompagner les mutations contemporaines liées notamment à la pression sur les ressources aquatiques et aux effets du changement climatique.
De son côté, le représentant du ministre de l’Environnement, Yao Firmin, a dressé un tableau préoccupant des pressions exercées sur les écosystèmes aquatiques ivoiriens, révélant que « 200 mille tonnes de déchets plastiques sont déversées chaque année dans la lagune Ebrié », tout en reconnaissant que l’économie bleue constitue « une opportunité économique majeure » pour le pays.
La première journée a été structurée autour de plusieurs axes majeurs, notamment l’aménagement du territoire et la gestion des zones côtières et des plans d’eau continentaux (Axe 1), la gestion durable des ressources marines et continentales (Axe 2), ainsi que les communautés et patrimoines maritimes et littoraux (Axe 5).
Elle a été marquée par une conférence inaugurale suivie de conférences de cadrage et de sessions scientifiques consacrées à des thématiques telles que l’urbanisation du littoral, la pêche durable, la gouvernance des ressources halieutiques ou encore les dynamiques socio-économiques des espaces côtiers.
À travers ces travaux, les participants sont appelés à produire des analyses et recommandations susceptibles d’orienter les politiques publiques vers une gestion durable, inclusive et résiliente des ressources marines et littorales en Afrique subsaharienne.
(AIP)
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