Abidjan, 27 avr 2026 (AIP) – En visite à la Chambre nationale de métiers de Côte d’Ivoire (CNMCI), à Abidjan, le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Kalil Konaté, a affiché l’ambition claire de faire de l’artisanat ivoirien un véritable levier de croissance économique, en mettant fin à son organisation encore largement informelle.
Face aux responsables de la Chambre, le ministre a rappelé que le secteur représente près de 40 % du tissu économique et environ 19 à 20 % du PIB, tout en restant insuffisamment structuré. Pour lui, l’enjeu n’est plus de constater ce potentiel, mais de le transformer en richesse mesurable et durable.
Dans cette optique, Kalil Konaté a insisté sur la nécessité d’un alignement strict entre les initiatives sectorielles et la vision de l’État, rappelant que le ministère assure la conception des politiques publiques, tandis que les chambres consulaires en constituent les bras opérationnels.
Il a plaidé pour une nouvelle approche fondée sur la co-gestion, le co-financement et la responsabilité partagée, afin de garantir la continuité des projets au-delà des changements institutionnels.
Le ministre a également mis l’accent sur trois leviers structurants, notamment la formalisation des acteurs, à travers l’identification et la carte de l’artisan, la digitalisation du secteur, désormais incontournable pour améliorer la traçabilité et l’accès aux services et la montée en compétences, via des programmes de formation adaptés.
Parmi les dysfonctionnements relevés, l’absence de siège propre pour la CNMCI, plus de 30 ans après sa création, a été pointée comme un symbole des insuffisances structurelles.
Kalil Konaté a fixé un cap clair, à savoir celui de doter la Chambre d’un siège moderne dans un délai de trois ans, en s’appuyant notamment sur une meilleure mobilisation du foncier disponible.
Il a par ailleurs appelé à la relance des projets structurants, notamment les zones et villages artisanaux initiés par le passé mais restés inachevés, insistant sur la nécessité de concevoir des projets économiquement viables. « Tout projet bien monté se finance par lui-même », a-t-il rappelé.
En conclusion, le ministre a invité l’ensemble des acteurs à changer de méthode et à travailler dans une logique de système, fondée sur la coordination, la transparence et la continuité de l’action publique. Une condition, selon lui, indispensable pour faire de l’artisanat ivoirien un véritable moteur de croissance et d’emplois.
(AIP)
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