Abidjan, 16 mai 2026 (AIP) – Le Forum régional sur le développement de la chaîne de valeur du café en Afrique, tenu les 5 et 6 mai 2026 à Marrakech, au Maroc, a marqué une étape majeure dans la volonté du continent de reprendre le contrôle économique de sa filière café.
Coorganisée par African Coffee Hub, la Banque islamique de développement et l’Organisation de la coopération islamique, cette rencontre a jeté les bases du Programme régional pour le développement de la chaîne de valeur du café en Afrique, rapporte un communiqué transmis à l’AIP.
Au cœur de cette dynamique continentale, la présidente d’African Coffee Hub, Sanae Benabdelkhalek, a défendu une vision fondée sur la souveraineté économique africaine et la redistribution du pouvoir dans l’industrie mondiale du café.
« Il s’agit non seulement d’un rééquilibrage économique, mais aussi de la répartition du pouvoir », a-t-elle déclaré, estimant que l’Afrique ne peut plus se limiter à exporter des matières premières sans maîtriser les leviers de transformation, de standardisation et de commercialisation.
Selon elle, l’objectif du Programme régional est d’inverser un modèle historique dans lequel l’Afrique produit près de 15 % du café mondial, souvent parmi les meilleures variétés d’arabica et de robusta, tout en captant moins de 10 % de la valeur finale du marché.
Dans cette perspective, African Coffee Hub ambitionne de devenir un instrument continental d’agrégation, de traçabilité et d’accès direct aux marchés internationaux.
Depuis la plateforme logistique de Tanger Med, le hub assurera le tri, le contrôle qualité, le blending, le packaging et la connectivité export vers l’Europe et l’Amérique du Nord.
Pour Sanae Benabdelkhalek, la problématique dépasse désormais la simple question de la production. « La question n’est plus seulement : qui produit le café en Afrique ? Elle devient : qui en contrôle la trajectoire, et qui en organise la valeur ? », a-t-elle soutenu.
Le forum a réuni huit nations africaines représentées au plus haut niveau, notamment la Sierra Leone, la Guinée, Madagascar, l’Ouganda, le Togo, le Cameroun, la Côte d’Ivoire et le Maroc.
Plusieurs accords-cadres ont été signés en marge des travaux avec des États producteurs et des acteurs privés de la filière.
L’engagement du Nigeria à travers la société AGARA a également constitué l’un des temps forts du forum, notamment pour la mise en place d’un futur centre africain de recherche sur le café.
Le programme prévoit une mise en œuvre en deux phases. La première sera consacrée à l’organisation agricole, à l’encadrement des producteurs et à la standardisation des pratiques post-récolte.
La seconde portera sur la certification, la traçabilité numérique NFC et la valorisation des origines africaines sur les marchés mondiaux.
À travers cette initiative, Sanae Benabdelkhalek entend repositionner l’Afrique non plus comme simple fournisseur de matières premières, mais comme acteur stratégique de la chaîne mondiale du café.
Le forum régional portait sur le thème « Construire des chaînes de valeur du café compétitives et inclusives en Afrique : vers un programme régional d’investissement utilisant l’African Coffee Hub à Tanger Med comme principal levier ».
African Coffee Hub est la plateforme continentale d’agrégation, de standardisation, de traçabilité et de mise en marché du café africain.
(AIP)
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