Abidjan, 20 mai 2026 (AIP) – Le directeur général de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), le général de brigade Guelpétchin Ouattara, a affirmé mercredi 20 mai 2026 à Abidjan, que la cybersécurité constitue un élément central du développement durable et de la souveraineté numérique des États africains.
Intervenant à l’ouverture officielle du Colloque scientifique sur les technologies de l’information et de la communication (COSTIC 2026) initiée par l’Ecole supérieure africaine des TIC (ESATIC), il a expliqué que cybersécurité et développement durable sont « des notions très proches », contrairement aux idées reçues.
En tant que parrain du Colloque, le général Ouattara a notamment évoqué la nécessité de protéger les infrastructures critiques liées à l’eau, à l’énergie ou à la santé, désormais fortement dépendantes des technologies numériques. « Leur sécurité est une condition de durabilité », a-t-il soutenu, citant également les enjeux liés au “green IT”, à la gouvernance numérique et à la résilience des administrations et des entreprises.
Selon lui, « la cybersécurité d’une nation se construit d’abord dans la pensée, dans la recherche et dans la formation », avant même les dispositifs technologiques.
Il a identifié trois piliers essentiels de cette vision, à savoir la recherche scientifique, la formation des compétences et la cybersécurité opérationnelle. « Sans recherche nationale, nous restons accrochés à des solutions inadaptées fournies par d’autres », a-t-il averti, plaidant pour des réponses technologiques conçues en fonction des réalités africaines.
Le patron de l’ANSSI a également insisté sur le rôle stratégique de la formation, estimant qu’aucune agence ne peut, à elle seule, sécuriser un cyberespace national sans ressources humaines qualifiées et sensibilisées.
« Chaque étudiant engagé dans une démarche scientifique aujourd’hui est un futur professionnel au service des intérêts de l’État », a-t-il déclaré devant les enseignants-chercheurs, doctorants et étudiants présents.
Il a par ailleurs souligné que la sécurité numérique ne se mesure pas au nombre d’équipements acquis, mais « à la qualité des esprits qui la pensent et à la qualité des hommes qui les animent ».
Le général Guelpétchin Ouattara a révélé que l’ANSSI et l’ESATIC entretiennent un partenariat depuis la création de l’agence, annonçant l’existence de « chantiers structurants » entre les deux institutions dans le domaine du numérique et de la cybersécurité.
Le COSTIC 2026 réunit pendant trois jours, des chercheurs, experts, entreprises, institutions publiques et étudiants autour du thème « Le numérique au service du développement durable en Afrique ».
Selon le comité scientifique présidé par Adama Coulibaly, 82 communications scientifiques ont été retenues parmi 650 soumissions, couvrant des domaines tels que l’intelligence artificielle, la cybersécurité, les télécommunications, les systèmes intelligents et la transformation digitale responsable.
(AIP)
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