Abidjan, 20 mai 2026 (AIP)- Le Cameroun célèbre, mercredi 20 mai 2026, la fête de l’Unité nationale dans un contexte marqué par une forte attente politique et un climat socioéconomique jugé morose par plusieurs acteurs de la vie publique, rapportent des médias internationaux.
À l’occasion de cette journée déclarée fériée, écoles et administrations sont restées fermées sur l’ensemble du territoire. Le président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, est attendu au traditionnel défilé civil et militaire organisé sur le Boulevard du 20 mai à Yaoundé.
Cette célébration intervient près de cinq mois après l’annonce faite par le chef de l’Etat, dans son message à la Nation du Nouvel An, de la formation prochaine d’un nouveau gouvernement destiné à améliorer les conditions de vie des populations. Depuis cette déclaration, aucun remaniement ministériel n’a toutefois été officialisé, alimentant interrogations et impatience au sein de l’opinion publique.
Le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona a reconnu l’existence d’une « impatience bruyante », tout en affirmant que les Camerounais continuent d’accorder leur confiance au président Paul Biya et que « les choses avancent ».
Des déclarations contestées par plusieurs figures de l’opposition. Le député Cabral Libii, arrivé troisième à la dernière élection présidentielle, estime pour sa part que « rien ne se passe » et que la population « suffoque en attendant que quelque chose bouge ».
Même tonalité chez Joshua Osih, ancien candidat à la présidentielle, qui déplore un affaiblissement de l’unité nationale. Selon lui, les divisions communautaires, tribales et sociales qui traversent le pays contribuent à accentuer les crises internes.
Le vice-président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), Emmanuel Simh, s’est également montré critique, évoquant la persistance des violences dans les régions anglophones ainsi qu’une fracture sociale grandissante. Il s’interroge notamment sur l’orientation donnée par le président Paul Biya à la gouvernance du pays.
La fête du 20 mai commémore le référendum constitutionnel de 1972 ayant conduit, sous la présidence de Ahmadou Ahidjo, à la suppression du système fédéral au profit d’un Etat unitaire. Avant cette réforme, le Cameroun était composé de deux Etats fédérés : le Cameroun oriental, ancien territoire sous administration française, et le Cameroun occidental, placé sous tutelle britannique.
(AIP)
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