Abidjan, 20 mai 2026 (AIP) – La représentante du ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Eugénie Doh Gagné, a réaffirmé mardi 19 mai 2026 à Abidjan, l’engagement du gouvernement ivoirien à bâtir un système de santé résilient face aux impacts du changement climatique, en cohérence avec les engagements nationaux et internationaux en matière de santé et d’environnement.
Elle s’exprimait à l’ouverture de l’atelier de validation de deux études majeures sur la santé et les changements climatiques en Côte d’Ivoire, organisé à Abidjan Plateau.
Depuis 2024, le gouvernement a engagé l’élaboration de deux outils stratégiques visant à améliorer l’anticipation et la prise en charge des maladies sensibles au climat, notamment le paludisme, la dengue, le choléra, les maladies diarrhéiques, les infections respiratoires aiguës ainsi que les pathologies liées à la qualité de l’eau et de l’environnement.
« Les études de vulnérabilité et d’adaptation du secteur de la santé permettront de mieux comprendre les risques climatiques qui pèsent sur notre système sanitaire, d’identifier les zones et populations à risque, et surtout de définir des mesures d’adaptation efficaces et durables », a indiqué Mme Gagné.
Elle a également souligné que la mise en place d’une plateforme de surveillance des maladies sensibles au climat constitue une avancée importante pour le renforcement du système national de veille sanitaire et d’alerte précoce.
Cette plateforme contribuera à améliorer la coordination entre les secteurs concernés, à intégrer les données climatiques et sanitaires, à renforcer l’analyse des risques et à accélérer la prise de décision en cas de menace sanitaire liée au climat.
Pour sa part, le chef de projet Transition Bas Carbone (TBC) à Expertise France, Guillaume Vermeulen, a indiqué que l’étude de vulnérabilité et d’adaptation a été réalisée dans cinq localités, à savoir Grand-Lahou, Korhogo, Man, Dimbokro et Abidjan. Elle porte sur dix maladies sensibles au climat, à partir de six années de données sanitaires.
Il a précisé que les projections climatiques à l’horizon 2050 et 2100 ont été croisées avec les données épidémiologiques recueillies sur le terrain. « Il s’agit de l’évaluation la plus complète jamais réalisée sur la vulnérabilité du secteur de la santé ivoirien face aux changements climatiques », a-t-il affirmé.
Concernant la plateforme de surveillance, M. Vermeulen a expliqué qu’elle est le résultat de neuf mois de travaux ayant mobilisé 14 structures partenaires. Elle comprend 165 éléments de données configurés, 12 tableaux de bord opérationnels et a permis de former 40 agents.
Ces deux initiatives sont mises en œuvre dans le cadre du Projet Transition Bas Carbone (TBC), sous l’égide du ministère de l’Environnement, en partenariat avec le ministère de la Santé, avec l’appui financier de l’Union européenne et la mise en œuvre d’Expertise France.
À l’issue de l’atelier, les prochaines étapes consisteront à consolider et prioriser les recommandations en vue de leur intégration dans les politiques sectorielles, ainsi qu’à élaborer une feuille de route opérationnelle précisant les actions prioritaires, les responsabilités institutionnelles et le calendrier de mise en œuvre.
(AIP)
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