Abidjan, 20 mai 2026 (AIP) – Les femmes du secteur maritime et portuaire ivoirien ont appelé, mercredi 20 mai 2026 à Abidjan-Cocody Angré, à la mise en œuvre d’actions concrètes en faveur de leur pleine participation aux métiers de la mer et aux postes de décision, à l’occasion de la Journée internationale des femmes du maritime, organisée par le Réseau ivoirien des femmes administrateurs (RIFEMAD) section affaires maritimes et le WIMA Côte d’Ivoire (Women in maritime), sous l’égide de l’Organisation maritime internationale (OMI).
Placée sous le parrainage du directeur général des affaires maritimes, le colonel-major Julien Yao Kouassi, représenté par le colonel Naniho Félix, cette rencontre autour du thème : « De la politique à la pratique : alimenter l’excellence maritime », a servi de cadre de réflexion sur la place des femmes dans l’administration maritime, les ports et les métiers de la mer, ainsi que sur les actions concrètes à mettre en œuvre pour renforcer leur participation.
Dans une déclaration marquée par un appel à l’action, la présidente du RIFEMAD, colonel major Aya Odette, a estimé que le moment est venu pour les femmes du secteur maritime de transformer les engagements politiques en réalités concrètes.
« Le 18 mai n’est pas une simple date dans notre calendrier. C’est la reconnaissance de la force, de la compétence et de l’engagement des femmes qui évoluent dans un secteur longtemps considéré comme l’apanage des hommes », a-t-elle déclaré.
Selon elle, la Côte d’Ivoire dispose déjà d’un cadre légal et d’une volonté politique favorables à l’égalité des sexes, notamment à travers le Plan national de développement 2026-2030. Toutefois, elle a insisté sur la nécessité d’aller au-delà des textes.
« Passer de la politique à la pratique, c’est s’assurer que les femmes soient représentées dans les instances de décision, dans l’administration maritime, dans les ports, sur les navires et dans les coopératives de mareyeuses », a soutenu la présidente du RIFEMAD.
Le colonel-major Aya Odette a également plaidé pour le renforcement des capacités des jeunes filles dans les métiers de la mer, à travers le mentorat et l’accès aux bourses de formation technique. Elle a appelé à « la tolérance zéro pour le harcèlement » dans les services administratifs, les espaces portuaires et à bord des navires ainsi que l’accès aux postes de décisions dans la haute gouvernance.
Pour elle, le défi reste également de « briser le plafond de verre » afin qu’« il n’y ait plus de métier d’homme, mais seulement des métiers de la mer ».
Représentant le parrain de la cérémonie, Naniho Félix a salué l’initiative de l’OMI qui vise à mettre en lumière « la contribution essentielle des femmes au développement du transport maritime mondial ».
Il a indiqué que le thème de cette édition interpelle les acteurs du secteur à transformer les engagements en actions concrètes, notamment en matière de formation, de mentorat, de promotion aux postes de responsabilité et d’amélioration des conditions de travail.
« Les femmes occupent désormais une place stratégique dans l’écosystème maritime. Elles sont administratrices maritimes, ingénieurs, juristes, logisticiens ou encore universitaires », a-t-il souligné, ajoutant que leurs compétences contribuent à la modernisation du secteur.

De son côté, la présidente de WIMA Côte d’Ivoire, colonel Beda Hortense, a relevé que malgré les progrès enregistrés en matière d’égalité de genre, plusieurs défis persistent encore.
« Aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement de reconnaître la place des femmes, mais de créer les conditions réelles de leur épanouissement, de leur leadership et de leur excellence », a-t-elle affirmé.
Elle a appelé les pouvoirs publics, les institutions maritimes, le secteur privé et les partenaires techniques à unir leurs efforts afin que les politiques publiques produisent des résultats tangibles pour les femmes du secteur.
La cérémonie a également été marquée par des échanges d’expériences et des réflexions sur les obstacles rencontrés par les femmes dans les métiers maritimes, ainsi que sur les mécanismes à mettre en place pour favoriser leur accès aux postes stratégiques.
Au-delà de la célébration, cette journée a mis en évidence la volonté des organisations féminines du secteur maritime de faire de l’inclusion et de l’excellence des leviers essentiels pour le développement durable de l’économie bleue en Côte d’Ivoire.
(AIP)
zaar

