Abidjan, 28 mai 2026 (AIP) – L’Assemblée nationale française a adopté à l’unanimité, jeudi 28 mai 2026, l’abrogation du « Code noir » et de l’ensemble des textes ayant réglementé l’esclavage dans les anciennes colonies, mettant fin à un vide juridique de 178 ans.
Bien que l’esclavage ait été aboli en 1848, ces textes, qualifiés de « fossiles législatifs », n’avaient jamais fait l’objet d’une abrogation formelle. La proposition de loi, portée par le député Max Mathiasin du groupe centriste Liberté, indépendants, outre-mer et territoires (LIOT), a recueilli le suffrage des 254 députés présents.
Le Code noir, instauré sous l’Ancien Régime, définissait les personnes réduites en esclavage comme des « êtres meubles » et prévoyait des sanctions corporelles extrêmes, telles que le marquage au fer de lys ou la peine de mort en cas de fuite.
« L’heure est venue de se laver de cette ignominie qu’est le Code noir au nom de la justice réparatrice », a déclaré Laurent Panifous, président du groupe Liot, soulignant qu’aucun texte juridique n’avait officiellement annulé ces dispositions jusqu’à ce jour.
Le rapporteur du texte, Max Mathiasin (Guadeloupe), a salué un « hommage aux hommes, aux femmes et aux enfants mis en esclavage », tandis que la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a appelé à extirper du droit français ce « texte indigne » dont l’empreinte symbolique demeurait pesante.
L’hémicycle a été marqué par le témoignage poignant du député écologiste Steevy Gustave. Évoquant son ancêtre, Ambroise Zerambe, né en Afrique et réduit en esclavage sous un matricule, il a exprimé sa fierté de voir cette page tournée. « Nous ne sommes pas des descendants d’esclaves, mais des descendants d’êtres humains nés libres puis réduits en esclavage », a-t-il affirmé avec émotion.
Cette décision historique marque une étape symbolique majeure dans le travail de mémoire et de reconnaissance de l’histoire coloniale de la France.
(AIP)
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