Abidjan, 18 avr 2025 (AIP) – L’Association nationale des sourds de Côte d’Ivoire (ANASOCI) a tiré la sonnette d’alarme sur l’exclusion sociale et l’isolement croissant des personnes sourdes, à l’occasion du lancement du nouveau programme 2025-2028 de l’Association danoise des sourds (DDL), intitulé : « Le droit à la langue des signes à toutes les étapes de la vie ».
S’exprimant, mardi 15 avril 2025, lors de la cérémonie tenue au siège de l’ANASOCI à Yopougon, à Abidjan, le directeur exécutif Yéboua Faustin a déploré les nombreux obstacles qui freinent encore aujourd’hui l’intégration des personnes sourdes dans la société ivoirienne.
Selon lui, la stigmatisation et les préjugés liés à la surdité empêchent les personnes sourdes d’accéder à une éducation de qualité, aux services publics, aux soins de santé et même aux transports.
Le directeur exécutif de l’ANASOCI a également dénoncé l’absence de reconnaissance officielle de la langue des signes dans le système éducatif et administratif ivoirien, obligeant les parents à financer eux-mêmes des interprètes dans les écoles publiques.

Cette situation traduit un manque d’engagement de l’État en faveur de l’égalité des chances, aggravé par l’absence de personnel formé dans les hôpitaux, les commissariats et autres services essentiels, a-t-il relevé.
Depuis sa création en 1991, l’ANASOCI milite pour l’inclusion sociale et professionnelle des personnes sourdes, à travers la sensibilisation, la formation et la défense de leurs droits fondamentaux. Elle plaide pour un cadre juridique qui garantisse à chaque citoyen sourd le droit d’exister et de s’exprimer pleinement dans sa langue.
Membre de la Fédération mondiale des sourds (WFD), de la Fédération ivoirienne des associations de personnes handicapées (FAHCI) et du Secrétariat régional de la WFD pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre (WCARS), l’organisation entend intensifier ses actions de plaidoyer dans le cadre du partenariat renouvelé avec l’Association danoise des sourds.
Ce nouveau programme, déployé sur la période 2025-2028, ambitionne d’ancrer la langue des signes dans les politiques publiques nationales, à toutes les étapes de la vie, de la petite enfance à l’âge adulte.
(AIP)
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