Abidjan, 6 juin 2025 (AIP) –L’imam central de la grande mosquée de Riviera Golf, Moumouni Traoré, a plaidé, lors de la prière de la Tabaski, pour la cohésion nationale et la paix civile, dans un contexte électoral tendu à quelques mois de la présidentielle d’octobre 2025.
Devant une assemblée réunissant le président Alassane Ouattara, des membres du gouvernement et des milliers de fidèles, l’imam Traoré a choisi de faire de cette fête du sacrifice un moment de réflexion collective sur l’avenir démocratique du pays.
« C’est sur la situation politique de notre pays en cette année électorale que nous souhaitons sensibiliser notre communauté, en restant fidèles aux principes de paix que nous enseigne l’islam », a-t-il déclaré, inscrivant son message religieux dans l’actualité politique brûlante.
L’imam Traoré a convoqué la mémoire douloureuse des précédentes échéances électorales ivoiriennes. « N’oublions pas ce que notre pays a vécu lors des dernières élections. C’est une question de mémoire », a dit le guide religieux, se référant implicitement aux violences post-électorales de 2010-2011 résonnant comme un avertissement solennel.
Face aux nouveaux défis que représentent les réseaux sociaux dans la propagation des discours de haine, le religieux a appelé chaque citoyen à devenir « un ambassadeur de paix et d’unité », transformant ainsi chaque fidèle en acteur de la stabilité nationale.
L’imam a également saisi l’occasion pour saluer la trajectoire de développement du pays sous la présidence d’Alassane Ouattara. « Par la grâce d’Allah et grâce à la bonne gouvernance de notre chef d’État, la Côte d’Ivoire a entamé une nouvelle étape de son développement », a-t-il souligné.
Cette reconnaissance publique, formulée en présence du président, témoigne de la proximité entre les autorités religieuses musulmanes et le pouvoir en place, dans un contexte où les équilibres confessionnels restent cruciaux.
Au-delà des clivages politiques, l’imam a mis l’accent sur l’harmonie interreligieuse, rendant hommage aux « frères et sœurs chrétiens pour leur soutien constant lors des grandes fêtes musulmanes. » Cette reconnaissance mutuelle apparaît comme un rempart contre les instrumentalisations religieuses souvent observées en période électorale.
Cette célébration de la Tabaski, qui marque traditionnellement la fin du Hajj et commémore le sacrifice d’Abraham, prend ainsi une dimension particulière en 2025. Elle s’impose comme un moment charnière où la spiritualité se mêle aux préoccupations civiques, quatre mois avant un scrutin présidentiel qui testera la maturité démocratique ivoirienne.
« Qu’Allah nous accorde la paix, une paix durable », a conclu l’imam Moumouni Traoré dans son sermon qui résonne comme une prière autant qu’un programme politique pour une Côte d’Ivoire en quête de stabilité durable.
(AIP)
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