Abidjan, 16 oct 2025 (AIP)- Au moins un homme a été tué et 100 personnes blessées à Lima (au Pérou), dans les heurts qui ont éclaté dans la nuit de mercredi 15 à jeudi 16 octobre après des rassemblements, a annoncé le nouveau président péruvien par intérim, José Jeri.
La jeunesse continue à manifester contre l’insécurité dans le pays, confronté à une crise politique menant à des nombreuses destitutions de présidents, dont celle de Dina Boluarte. « Je déplore la mort d’Eduardo Ruiz Sanz, 32 ans, et ces nombreux blessés dont une majorité de policiers», a indiqué le président péruvien par intérim José Jeri, après que des milliers de personnes ont défilé à travers le pays pour protester contre le nombre sans précédent d’assassinats et de cas de rackets imputés au crime organisé.
Des milliers de personnes ont défilé à Lima, Arequipa, Cusco, ou Puno, face à une vague sans précédent d’extorsions et d’assassinats, visant des chauffeurs, des artistes et d’autres milieux. Cette crise sécuritaire a précipité la destitution expresse de la présidente Dina Boluarte le 10 octobre. Le président du Parlement péruvien José Jeri a repris la présidence du pays par intérim jusqu’en juillet 2026.
En plus des précédentes, la mobilisation de mercredi 15 octobre, prévue avant le changement inattendu de gouvernant, répond notamment à l’appel notamment de la « Gen Z », ce mouvement de jeunes manifestants qui se répand à l’international, identifiable au drapeau One Piece qu’ils brandissent (en référence au manga le plus vendu de l’histoire, dans lequel le héros Luffy s’oppose à des groupes dominants).
La nuit tombée, certains manifestants ont tenté de renverser les barrières de sécurité installées à l’extérieur du Congrès. La police les a dispersés à l’aide de gaz lacrymogènes et a chargé avec boucliers et matraques les groupes qui lançaient des pierres et des feux d’artifice en leur direction.
Le général Oscar Arriola, porte-parole de la police, a fait état de plusieurs agents blessés évacués, déplorant « un degré élevé de violence, de dommages et d’agressions contre les policiers. Les caméras de la police et de la ville de Lima serviront à identifier les délinquants qui se sont infiltrés dans une manifestation pacifique pour semer le chaos ».
« Toute la rigueur de la loi s’appliquera à tous les coupables. L’expression citoyenne dans les rues est un droit face au manque d’attention de l’État depuis de nombreuses années ; cependant, nous ne permettrons pas la violence comme moyen d’action », a assuré le président José Jeri.
(AIP)
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