Abidjan, 08 fév 2026 (AIP) – La ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Nassénéba Touré, réaffirme l’engagement du gouvernement à éradiquer les mutilations génitales féminines (MGF) en Côte d’Ivoire.
Dans une déclaration rendue publique à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre les MGF commémorée chaque 6 février, la ministre a qualifié cette journée d’« appel pressant aux consciences et d’injonction à l’action », soulignant qu’elle ne saurait se limiter à une simple commémoration symbolique, mais doit susciter une mobilisation collective et durable contre ce fléau.
Les mutilations génitales féminines, a-t-elle rappelé, constituent des pratiques ancestrales sans fondement médical, qui violent gravement les droits fondamentaux des femmes et des filles, tout en perpétuant des souffrances physiques et psychologiques. Selon les données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus de 230 millions de femmes vivent aujourd’hui avec les séquelles de ces mutilations, tandis que près de quatre millions de filles de moins de 15 ans y sont exposées chaque année dans le monde.
En Côte d’Ivoire, des progrès notables ont été enregistrés, le taux de prévalence étant passé de 36,7% en 2016 à environ 21% actuellement. Toutefois, la ministre a relevé la persistance de disparités régionales, qui appellent des actions ciblées et renforcées.
Placée cette année sous le thème « Vers 2030 : Pas de fin aux MGF sans engagement et investissement soutenus », la Journée mondiale trouve un écho particulier en Côte d’Ivoire, où l’État a mis en place un arsenal juridique et institutionnel pour lutter contre ces pratiques. La Constitution de 2016 et le Code pénal révisé en 2019 interdisent formellement les MGF, tandis que les communautés sont invitées à devenir des « gardiennes de l’intégrité de leurs filles ».
Depuis 2017, le Président de la République, Alassane Ouattara, a fixé l’objectif de l’éradication totale des MGF, à travers une synergie d’actions impliquant l’État, la société civile, les chefs traditionnels, les guides religieux et les partenaires techniques et financiers.
La ministre Nassénéba Touré a, à cet effet, appelé chaque citoyen à assumer sa responsabilité en refusant toute forme de tolérance, en dénonçant les auteurs et en protégeant les victimes. « Faisons le serment que plus jamais une fille ou une femme ne sera mutilée dans notre pays », a-t-elle lancé.
Cette mobilisation s’inscrit dans les priorités budgétaires 2026 du gouvernement, axées sur le renforcement du capital humain et la lutte contre la pauvreté.
(AIP)
cmas

