Abidjan, 12 fév 2026 (AIP)-Le Centre pour la gouvernance des ressources naturelles (CNRG) a condamné avec fermeté la mort présumée d’un mineur artisanal de 66 ans survenue la semaine dernière dans les champs diamantifères de Chiadzwa, à l’est du Zimbabwe, dénonçant un « schéma ancien et inquiétant de violences » dans la région, a rapporté jeudi 12 février 2026 la Fédération atlantique des agences de presse africaine (FAAPA).
Selon l’organisation de recherche et de plaidoyer, la victime serait décédée des suites d’agressions subies alors qu’elle était détenue à la base de Mashukashuka, un centre de sécurité tristement réputé pour des allégations d’abus et de mauvais traitements. La presse locale rapporte que la note interne de la police évoque un usage excessif de la force.
« Le CNRG note avec une profonde inquiétude les circonstances décrites dans la note de service de la police, qui font état d’un usage excessif de la force, de torture et d’un mépris flagrant pour la dignité humaine », a déclaré l’ONG dans un communiqué.
L’organisation affirme que ce décès n’est pas un cas isolé, mais s’inscrit dans une série d’abus visant des mineurs artisanaux, souvent issus de communautés pauvres et marginalisées. Elle estime que la présence militaire continue dans les champs diamantifères de Marange a contribué à normaliser la violence et l’impunité.
« Cette tragédie met en lumière des défaillances structurelles dans la gouvernance du secteur diamantifère au Zimbabwe », souligne le CNRG, qui établit un lien direct entre la militarisation de la zone, les intérêts extractifs et les violations répétées des droits humains.
L’organisation appelle au retrait immédiat et permanent de l’armée des sites miniers de Marange, préconisant son remplacement par des forces de police civiles. Elle exhorte également le gouvernement à mettre fin à ce qu’elle qualifie de recours persistant à la torture et aux exécutions extrajudiciaires.
La région de Marange est au cœur des tensions depuis la découverte, en 2006, d’importants gisements de diamants qui avaient attiré des milliers de chercheurs artisanaux. En 2008, une opération militaire lancée par l’État pour reprendre le contrôle des mines avait entraîné des violences massives et causé la mort de centaines de personnes, selon des organisations de défense des droits humains.
Aujourd’hui, l’exploitation artisanale est interdite et les gisements sont exploités de manière industrielle, principalement par une société publique. Malgré la richesse du sous-sol, les communautés locales continuent de vivre dans une pauvreté persistante, tandis que la région demeure sous étroite surveillance militaire.
(AIP)
sdaf/fmo

