Bouaké, 29 mars 2026 (AIP)- Une délégation du Fonds pour la science, la technologie et l’innovation (FONSTI) a effectué, samedi 28 mars 2026, une mission d’évaluation du projet de mise en place d’une mini-usine de transformation de noix de cajou, implanté au sein de l’unité de décorticage de la société coopérative Souralet du Gbêkê, dans la localité de Brobo.
La délégation comprenait le directeur de l’UFR Communication et Société de l’Université Alassane Ouattara (UAO) de Bouaké, Pr Assouman Bamba, également membre du conseil scientifique du FONSTI, ainsi que la directrice de la gestion des projets de recherche et d’innovation du fonds, Ouattara Zeinebou.
Cette mission s’inscrit dans le cadre du suivi de l’exécution des projets financés par le FONSTI. Elle avait pour objectif de faire l’état d’avancement du projet, de vérifier la conformité des réalisations par rapport au prévisionnel validé, ainsi que de contrôler la qualité des données techniques et financières fournies par le porteur du projet, Droguy Yves Narcisse.
Les membres de la délégation ont procédé à une visite des installations de la mini-usine, suivie d’échanges avec les responsables de la coopérative et le porteur du projet. Ils ont également assisté à une présentation du projet, au cours de laquelle les différentes étapes de mise en œuvre et les équipements réalisés ont été exposés.
Selon le Pr Assouman Bamba, cette mission a permis de constater le niveau d’exécution du projet ainsi que le fonctionnement du dispositif de transformation mis en place. Il a indiqué que la délégation rendra compte de ses observations au FONSTI.
Le président du comité de gestion de la société coopérative Souralet, Kouamé Kouassi Clément, également directeur de l’unité de décorticage, a présenté l’évolution des capacités de production depuis la mise en service des équipements issus du partenariat avec le porteur du projet.
Il a rappelé que les activités de transformation, engagées depuis 2019 avec du matériel artisanal, se limitaient à des volumes journaliers compris entre 200 et 300 kilogrammes de noix de cajou. Avec l’introduction d’équipements semi-automatiques, la capacité minimale de transformation est passée à trois tonnes par jour.

M. Kouamé a précisé que ces équipements ont permis d’améliorer les conditions de travail des opérateurs et d’augmenter le rendement de l’unité. Il a ajouté que d’autres équipements sont attendus pour renforcer la chaîne de production.
Le porteur du projet, Droguy Yves Narcisse, a expliqué que cette initiative résulte d’un appel à projets lancé par le FONSTI en 2022. Le projet vise la conception et la fabrication d’équipements adaptés au contexte ivoirien pour la transformation locale de la noix de cajou.
Il a détaillé les différents équipements développés dans le cadre du projet, notamment, un calibreur destiné à classer les noix selon leur taille, un cuiseur pour le traitement thermique, des décortiqueurs automatiques pour l’extraction des amandes, ainsi qu’un séchoir pour le conditionnement des produits semi-finis.
Le dispositif intègre également un système de valorisation des coques issues du décorticage. Ces résidus sont utilisés comme combustible pour alimenter les chaudières à travers un procédé de pyrolyse, permettant la production de chaleur et de sous-produits assimilables à du charbon utilisable par les ménages.
M. Droguy a indiqué que le projet se trouve à une phase pilote et fait l’objet d’améliorations, notamment au niveau des décortiqueurs. Il a précisé que l’objectif est de permettre aux coopératives de transformer une partie de leur production, en passant de la noix brute à l’amande semi-finie, destinée à l’exportation ou à une transformation complémentaire.
Le coût de réalisation de l’unité est estimé à 40 millions de francs CFA. Le FONSTI a contribué au financement à hauteur de 20 millions de francs CFA, initialement destinés à des équipements manuels. Le passage à des équipements semi-automatiques a nécessité la mobilisation de ressources complémentaires.
Le porteur du projet a exprimé le besoin d’un appui du FONSTI pour la diffusion du modèle dans d’autres localités, en vue de faciliter l’implantation d’unités similaires au profit des coopératives de producteurs.
Créé par l’ordonnance n° 2018-593 du 27 juin 2018 avec l’appui du gouvernement suisse, le Fonds pour la science, la technologie et l’innovation a pour missions le financement des projets de recherche et d’innovation ainsi que la valorisation scientifique et économique des résultats issus de la recherche.
(AIP)
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