Grabo, 04 avr 2026 (AIP) – La ville de Grabo traverse une crise énergétique et hydraulique sans précédent depuis plus d’une semaine.
Ce manque quasi permanent de services essentiels suscite une amertume grandissante au sein de la population, qui envisagerait désormais de manifester pour obtenir gain de cause.
Bien que raccordée au réseau national, la commune de Grabo n’a jamais bénéficié d’une fourniture stable. Aujourd’hui, les coupures de courant sont devenues quotidiennes, plongeant certains secteurs dans une situation catastrophique.
Le quartier Basile, centre névralgique de la ville, est le plus durement touché. Ce secteur abrite pourtant les résidences des autorités locales (Sous-préfet, Député, Maire), le lycée, ainsi qu’un tissu économique dense composé de commerces, de chambres froides et d’unités de production d’eau en sachet.
La cause technique semble identifiée. En effet, selon le responsable local de la CIE, un transformateur électrique surchargé ne supporte plus la consommation locale. Cette défaillance technique entraîne des conséquences lourdes, telles que la paralysie des activités économiques, des pertes massives pour les opérateurs de la chaîne du froid et les pénuries alimentaires dues à l’impossibilité de conserver les denrées.
À Grabo, l’accès à l’eau potable est intrinsèquement lié à la stabilité électrique. Comme l’explique le responsable local de la SODECI. « Tant qu’il y a des coupures d’électricité, il y a également rupture de l’approvisionnement en eau, car le moteur de pompage du château d’eau fonctionne exclusivement à l’énergie électrique », a-t-il relevé.
Toutefois, la grogne contre la SODECI dépasse le cadre des pannes de courant. Dans certains quartiers, l’eau ne coule plus dans les robinets depuis plusieurs mois, malgré la présence d’électricité. Une situation jugée inacceptable par les usagers, d’autant que les factures, elles, restent élevées.
Face à ce qu’ils considèrent comme une exclusion des progrès réalisés par le gouvernement ivoirien, les habitants interpellent directement Côte d’Ivoire Énergies et la CIE.
Ils exigent notamment le renforcement immédiat des capacités des transformateurs électriques, la mise en place d’un dispositif secondaire (groupe électrogène) pour garantir le fonctionnement du château d’eau en cas de panne de réseau et une meilleure gestion de la clientèle par la SODECI locale.
Si les difficultés énergétiques touchent plusieurs régions du pays, la population de Grabo estime que son cas est « particulier et alarmant » et appelle à une solution durable pour mettre fin à cette souffrance sociale.
(AIP)
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