Abidjan, 04 mai 2026 (AIP) – Nommé récemment Médiateur de la République par le président de la République, Gaoussou Touré affiche une vision de faire de la médiation un instrument central de consolidation de la paix sociale. Fort de son expérience gouvernementale et de sa proximité avec les populations, il entend insuffler une nouvelle dynamique à l’institution.
Dans cet entretien accordé à la direction de la communication de l’institution et parvenu à l’AIP, il décline ses priorités et ses ambitions.
Dans quel état d’esprit accueillez-vous votre nomination en tant que Médiateur de la République ?
Gaoussou Touré : Permettez-moi, tout d’abord, de réitérer mes sincères remerciements au président de la République, SEM. Alassane Ouattara, pour la confiance placée en ma modeste personne en me confiant cette fonction essentielle à l’harmonie et à la paix sociale.
Je m’engage à donner le meilleur de moi-même pour mener à bien cette mission à laquelle le Chef de l’État accorde une importance particulière.
Je reçois cette nomination avec humilité, reconnaissance et un profond sens des responsabilités. Être appelé à exercer les fonctions de Médiateur de la République est certes un honneur, mais c’est surtout une mission de service au bénéfice de nos concitoyens.
J’aborde cette charge avec un esprit d’écoute, d’ouverture et de disponibilité, animé par la volonté de redynamiser pleinement l’action de l’institution.
Vous avez longtemps été au contact des populations, notamment à Odienné, et vous avez également été membre du gouvernement. Disposez-vous déjà d’une approche pour rendre la mission du médiateur de la République plus visible, plus lisible et plus efficace ?
GT : Mon expérience de terrain m’a enseigné une réalité fondamentale : la proximité avec les populations est la clé de toute action publique efficace.
Pour rendre l’action du Médiateur de la République plus visible et accessible, il est indispensable de renforcer la communication autour de l’institution, tout en rapprochant davantage ses services des citoyens. Cela implique une présence accrue dans les régions, l’organisation de campagnes d’information et la tenue de rencontres régulières avec les communautés et les leaders locaux.
Il est également essentiel d’entretenir un dialogue permanent avec les administrations publiques. L’objectif est que chaque citoyen sache qu’il dispose d’un recours institutionnel, pacifique et crédible en cas de différend avec l’administration.
Dans un contexte marqué par certaines tensions politiques, la mission du Médiateur de la République est-elle, selon vous, plus sollicitée et plus nécessaire ?
GT : La mission du Médiateur de la République revêt une importance particulière dans les périodes où les sociétés peuvent connaître des tensions ou des incompréhensions.
Dans ces moments, les institutions en charge de la cohésion sociale, du vivre-ensemble, de la culture de la paix et du dialogue jouent un rôle déterminant.
Le Médiateur de la République a vocation à être un trait d’union entre les citoyens, les institutions et, parfois, entre différentes composantes de la société. Sa mission consiste à favoriser l’écoute, la compréhension mutuelle et la recherche de solutions consensuelles.
À ce titre, la médiation institutionnelle demeure un outil essentiel pour préserver la cohésion sociale et renforcer la confiance entre l’État et les citoyens.
Comment percevez-vous l’idée d’une « Journée nationale de la Médiation » ?
GT : L’institution d’une « Journée nationale de la Médiation » serait, à mon sens, une excellente initiative.
Elle permettrait de sensibiliser davantage les populations à la culture du dialogue, au règlement pacifique des différends et aux valeurs du vivre-ensemble.
Une telle journée offrirait l’opportunité d’organiser des rencontres, des conférences et des échanges avec les jeunes, les organisations de la société civile et les administrations publiques.
Elle contribuerait également à renforcer la visibilité de l’institution auprès du grand public, d’autant que de nombreux Ivoiriens connaissent encore insuffisamment ses missions.
Par ailleurs, cette journée constituerait une tribune d’expression pour les médiateurs délégués dans les différentes régions et permettrait de valoriser les acteurs engagés dans la promotion de la cohésion sociale et de la culture de la paix.
Son instauration pourrait ainsi représenter une innovation majeure sous notre impulsion.
En arrivant comme Médiateur de la République, quels sont vos souhaits, attentes et espérances ?
GT : Mon souhait principal est de contribuer au renforcement de la confiance entre les citoyens et les institutions de la République.
J’espère pouvoir accomplir cette mission avec le concours de l’ensemble des acteurs, notamment les administrations publiques, les collectivités territoriales, les organisations de la société civile et les populations.
Mon ambition est de consolider le rôle du Médiateur de la République en tant qu’institution d’écoute, de conseil et d’apaisement, capable d’accompagner efficacement les citoyens dans la résolution de leurs préoccupations.
Au-delà, j’aspire à ce que la médiation contribue durablement à la stabilité, à la cohésion sociale et au développement harmonieux de notre pays.
(AIP)
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