Kouto, 08 mai 2026 (AIP) – Les acteurs de la filière anacarde de Pinvoro, dans la région de la Bagoué, ont été sensibilisés mardi 5 mai 2026 sur les bonnes pratiques de production et de conservation de la noix brute de cajou, lors d’une rencontre initiée par le Conseil coton, anacarde et karité.
Les échanges ont porté notamment sur le respect des normes de qualité, depuis la récolte jusqu’au stockage des noix. Les producteurs ont été exhortés à procéder au tri et au séchage des noix sur des claies avant leur conservation dans des sacs de jute.
Cette séance de sensibilisation a réuni le représentant du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Délo Richard, l’Agence nationale d’appui au développement rural (ANADER) ainsi que le Conseil coton-anacarde-karité.
Le coordonnateur de l’unité opérationnelle de la Défense des cultures du Programme national de recherche sur l’anacarde (DC-PNRA), Pr Soro Sibirina, a expliqué que cette mission vise à instruire les producteurs sur les maladies et ravageurs qui affectent la qualité de la noix brute de cajou et les méthodes appropriées pour y remédier.
Selon M. Soro, plus d’une vingtaine de maladies affectent les vergers d’anacardiers, dont certaines dégradent directement la qualité de la noix tandis que d’autres attaquent l’arbre. Il a cité notamment l’anthracnose, la bactériose et la gommose parmi les pathologies les plus fréquentes dans les plantations.
Pour lutter contre ces fléaux, il a recommandé aux producteurs de respecter une densité maximale de 100 pieds à l’hectare, soit environ 10 mètres entre deux arbres, afin de favoriser la circulation de l’air dans les plantations. Il a également préconisé le recours à des produits homologués et biologiques avant la floraison, conformément à l’orientation de la Côte d’Ivoire vers une production d’anacarde bio.
Le coordonnateur national des filières coton-anacarde-mangue et foresterie à l’ANADER, Soro Klotioloma, a pour sa part en tant second intervenant, exhorté les producteurs à réhabiliter les vergers à forte densité afin de limiter la propagation des maladies et des insectes ravageurs.
L’expert a insisté sur la nécessité de ramasser quotidiennement les noix tombées, de les séparer correctement des pommes de cajou à l’aide d’une ficelle, de procéder au tri et au séchage sur claies avant leur stockage dans des sacs de jute.
« C’est ce produit bien trié et bien séché que l’État a demandé d’acheter à 400 FCFA le kilogramme », a-t-il rappelé, précisant que les noix mal séchées ou mal triées doivent être retirées du circuit commercial.
Le directeur régional du Conseil coton, anacarde, karité, Coulibaly Admson Zié, a demandé aux acteurs de la filière de s’approprier les bonnes pratiques agricoles afin que la Côte d’Ivoire conserve son rang de premier producteur mondial et que la région se distingue par l’excellence de sa production.
Présent à cette rencontre, le producteur Ouattara Oumar, venu de Zouanegué et propriétaire d’un verger de huit hectares, s’est réjoui des enseignements reçus.
« Je repars satisfait, car j’ai beaucoup appris sur les maladies et les moyens de les éviter », a-t-il déclaré.
La Côte d’Ivoire demeure le premier producteur mondial de noix brute de cajou avec une production estimée à plus de 1,2 million de tonnes lors de la dernière campagne. Le prix bord champ de la campagne 2026 a été fixé à 400 FCFA le kilogramme.
(AIP)
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