Bouaké, 07 mai 2026 (AIP)- Le département de philosophie de Université Alassane Ouattara, à travers le Groupe d’Études Marx (GEMARX), en collaboration avec le Centre africain de management et de perfectionnement des cadres (CAMPC), a organisé mercredi 6 mai 2026, à l’amphithéâtre C du campus 2, les Journées scientifiques Marx autour du thème : « Économie solidaire, préservation de l’environnement et des eaux et forêts : quelles alternatives locales pour la croissance économique et le développement durable en Afrique ? ».
Ces assises a réuni des enseignants-chercheurs, des étudiants, des acteurs du développement, des responsables administratifs ainsi que des spécialistes des questions environnementales et économiques pour réfléchir aux mécanismes susceptibles de concilier croissance économique, justice sociale et protection de l’environnement en Afrique, en particulier en Côte d’Ivoire.
Selon le coordonnateur des Journées scientifiques Marx, le Pr Hyacinthe Nogbou, cette rencontre scientifique intervient dans un contexte marqué par la dégradation progressive des ressources naturelles, la pression sur les espaces forestiers et les conséquences du changement climatique sur les conditions de vie des populations.
« Nous vivons aujourd’hui dans un environnement devenu difficile. À la lumière de la pensée de Marx, qui a montré que le capitalisme épuise les ressources naturelles, il était important de confronter cette analyse à la réalité actuelle de l’exploitation de nos ressources », a expliqué Pr Nogbou à l’ouverture des travaux.
Il a indiqué que ces journées visent à examiner les alternatives locales fondées sur l’économie sociale et solidaire afin de proposer des solutions adaptées aux réalités africaines en matière de développement durable, de gouvernance des ressources naturelles et de réduction des inégalités sociales.
Représentant le ministre des Eaux et Forêts, Jacques Assahoré, à l’ouverture des assises, le directeur général des Forêts et de la Faune, le conservateur général Lucien Kouassi, a prononcé la conférence inaugurale consacrée aux enjeux environnementaux et aux perspectives offertes par l’économie sociale et solidaire.
Dans son intervention, il a relevé que la déforestation, l’urbanisation non maîtrisée, l’exploitation illégale des ressources forestières, le braconnage, la pollution des ressources en eau ainsi que les effets du changement climatique exercent une pression sur les écosystèmes et compromettent les efforts de conservation.
« Nous devons tous nous sentir interpellés, à quelque niveau que nous soyons. C’est un vaste chantier qui requiert l’engagement des institutions publiques, du secteur privé, des communautés locales, des chercheurs et des partenaires internationaux », a déclaré le conservateur général Lucien Kouassi.
Il a souligné que la recherche scientifique occupe une place importante dans la production de connaissances, l’innovation et la formulation de solutions adaptées aux réalités africaines en matière de gestion durable des ressources naturelles.
Le directeur général des Forêts et de la Faune a présenté l’économie sociale et solidaire comme une approche centrée sur l’humain, la solidarité et la durabilité, contrairement au modèle économique basé sur la maximisation du profit.
Selon lui, cette approche favorise la gouvernance participative, l’ancrage territorial des initiatives économiques, la redistribution des richesses et la prise en compte des impératifs environnementaux dans les politiques de développement.
Appliquée aux secteurs forestier, faunique et hydrique, l’économie sociale et solidaire peut contribuer à promouvoir des modes d’exploitation responsables des ressources naturelles, à valoriser les savoirs locaux et à créer des emplois au profit des populations rurales.
Le conservateur général Lucien Kouassi a également évoqué plusieurs pratiques susceptibles d’accompagner cette dynamique, notamment l’agroforesterie, l’écotourisme communautaire, la pêche responsable et la gestion concertée des bassins versants.
Les participants ont eu, durant ces journées, des communications scientifiques, des panels et des échanges portant sur la protection des ressources forestières, les politiques environnementales, les modèles économiques alternatifs, la gouvernance locale des ressources naturelles et les mécanismes de développement durable adaptés aux réalités africaines.
Les Journées scientifiques Marx, qui ont pris fin ce jeudi 7 mai 2026, ont débouché sur des recommandations destinées à orienter les politiques publiques ainsi que les actions de développement vers des modèles économiques durables, inclusifs et résilients.
(AIP)
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