Abidjan, 11 mai 2026 (AIP)- La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a appelé, à une vigilance accrue face aux risques liés aux crypto-actifs, tout en reconnaissant leur potentiel pour transformer durablement les services financiers dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), a rapporté dimanche 10 mai 2026 l’Agence de presse sénégalaise (APS).
Lors d’une conférence internationale consacrée vendredi 8 mai 2026 aux innovations digitales et aux crypto-actifs, le spécialiste de la réglementation bancaire Oumar Diallo a souligné que ces outils numériques, bien qu’utiles pour faciliter les transferts d’argent et réduire certains coûts financiers, peuvent également servir de vecteurs à la fraude, au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme.
« Les crypto-actifs comportent différents types de risques. Malheureusement, ils sont parfois utilisés pour faire de la fraude. C’est l’un des véhicules privilégiés de la criminalité organisée », a déclaré le fondateur et directeur associé du cabinet canadien RegelWerk Stratégies.
Invité par la BCEAO, M. Diallo a rappelé qu’un récent rapport du Groupe d’action financière (GAFI), publié en mars dernier, révèle que les stablecoins représentent 84 % des crypto-actifs utilisés dans des activités criminelles.
Les stablecoins sont des actifs numériques conçus pour maintenir une valeur stable grâce à un adossement à une devise ou à un panier d’actifs de référence, comme le dollar américain ou l’euro.
Selon Oumar Diallo, ces instruments offrent des opportunités importantes, notamment pour les transferts d’argent transfrontaliers, souvent moins coûteux et plus rapides. Toutefois, leur développement nécessite un encadrement réglementaire rigoureux.
« Il faut réglementer leur utilisation », a insisté l’expert, estimant que l’essor des crypto-actifs en Afrique, y compris dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), impose une coopération renforcée entre autorités de régulation.
Le gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, a également mis en garde contre les usages illicites de ces actifs numériques, jugés propices au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme.
Au-delà des crypto-actifs, Oumar Diallo a rappelé que l’innovation financière couvre un champ beaucoup plus large. Il a cité, entre autres, les contrats intelligents utilisés dans le secteur des assurances et d’autres services financiers numériques ne reposant pas nécessairement sur les cryptomonnaies.
« On peut innover dans le secteur financier sans utiliser les crypto-actifs », a-t-il précisé.
Pour les organisateurs, cette rencontre internationale vise à promouvoir une innovation responsable, conciliant sécurité des consommateurs, protection des investisseurs et développement des technologies financières.
Selon M. Diallo, la conférence a également permis de mieux vulgariser les notions liées aux crypto-actifs auprès du public et des décideurs.
« Il s’agit d’un processus qui commence aujourd’hui et qui devra se poursuivre à travers d’autres initiatives », a-t-il conclu.
(AIP)
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