Abidjan, 11 mai 2026 (AIP)-Le directeur de cabinet du ministre des Ressources animales et halieutiques, Assoumany Gouromenan, a reçu lundi 11 mai 2026, une délégation du Conseil suprême des imams, organisations et structures sunnites en Côte d’Ivoire (CODISS), en vue de l’exhorter à privilégier les béliers élevés localement, destinés à être mis sur le marché pour satisfaire les besoins d’approvisionnement à l’occasion de la Tabaski.
Cette rencontre visait à informer la communauté musulmane de la disponibilité de moutons élevés en Côte d’Ivoire, bien que ceux-ci soient généralement de plus petite taille que les moutons importés du Sahel, traditionnellement privilégiés par les fidèles pour le sacrifice rituel.
Selon lui, l’objectif principal est d’encourager les guides religieux à relayer ce message auprès des fidèles, afin de réduire la pression sur les importations et de valoriser la production nationale, tout en assurant que des dispositions sont prises pour inciter les producteurs à commercialiser leur production.
Le directeur de cabinet a souligné que la situation de cette année est particulièrement préoccupante en raison des difficultés d’approvisionnement en bétail en provenance des principaux pays fournisseurs de la Côte d’Ivoire, notamment le Mali, le Burkina Faso et le Niger, ce dernier étant historiquement le principal pourvoyeur.
M. Assoumany a également indiqué que face aux contraintes d’acheminement du bétail observées depuis 2022, le gouvernement a décidé de promouvoir la consommation des moutons locaux.
En réponse, le secrétaire exécutif du CODISS, Diarra Siaka, a assuré que du point de vue islamique, les béliers locaux peuvent parfaitement être utilisés pour le sacrifice, à condition qu’ils respectent les prescriptions religieuses, notamment l’âge minimum requis de six mois et les conditions de bonne santé de l’animal.
Il a par ailleurs rappelé que l’Islam offre plusieurs alternatives aux fidèles, notamment la possibilité de recourir au bovin, pour lequel jusqu’à sept personnes peuvent s’associer pour accomplir le sacrifice. « Le contexte est exceptionnel, les mesures doivent donc l’être également. Si les conditions religieuses sont respectées, il n’existe aucun obstacle à l’utilisation des moutons disponibles localement », a-t-il affirmé.
Les guides religieux ont ainsi pris l’engagement de sensibiliser leurs fidèles à travers les mosquées, les associations islamiques ainsi que les sermons de la prière de l’Aïd, afin d’accompagner la démarche gouvernementale et de favoriser une meilleure acceptation des moutons locaux sur les marchés.
La Côte d’Ivoire a un besoin de 350 000 têtes de bétail (ovins et bovins) durant la période de la Tabaski 2026. Le besoin spécifique du district autonome d’Abidjan est estimé à 120 000 têtes.
La contribution locale couvre 25 % des besoins nationaux, soit 87 500 têtes, tandis que les 75 % restants, soit 262 500 têtes, proviennent principalement du Niger, du Mali et du Burkina Faso.
(AIP)
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