Abidjan, 13 mai 2026 (AIP) – Le porte-parole du PDCI-RDA, Bredoumy Soumaïla Kouassi, a vivement critiqué, mercredi 13 mai 2026 lors d’une conférence de presse à Abidjan, le Plan national de développement (PND) 2026-2030, récemment adopté par le Parlement, estimant que ses objectifs sont inatteignables et que le document ignore des défis structurels majeurs.
M. Kouassi a d’abord rappelé que les précédents plans (2012-2015, 2016-2020, 2021-2025) visaient l’émergence de la Côte d’Ivoire dès 2020, un objectif non atteint. Le nouveau PND, qui ambitionne de hisser le pays au rang des nations à revenus intermédiaires de la tranche supérieure d’ici 2030, repose, selon lui, sur des « contradictions » et des « illusions ».
Le porte-parole a pointé un financement global de 114 838,5 milliards FCFA, dont 70% à la charge du secteur privé, ce qui nécessitera une hausse de la pression fiscale de 13% à 18% en cinq ans. « Une pression inédite sur les ménages et les entreprises », a-t-il dénoncé.
Le PDCI-RDA s’interroge sur l’ambition de réduire le taux de pauvreté de 37,7% à 20% d’ici 2030, soit une baisse de 17,5 points en cinq ans. « Or, le gouvernement n’a réduit ce taux que de 17,5 points en quatorze ans. Veut-il faire en quatre ans ce qu’il n’a pas fait en quatorze ans ? », a ironisé M. Kouassi.
En éducation, il a déploré le recul de la moyenne d’années de scolarisation, passée de six ans en 1999 à seulement 4,2 ans en 2025, sans aucune mesure corrective dans le PND. « Le Vietnam, la Malaisie ou le Brésil affichent entre 8,5 et 12 ans. Nous régressons », a-t-il souligné.
Sur l’emploi, le plan prévoit la création de trois millions de postes, mais les besoins sont estimés entre cinq et six millions par le parti. « Qui emploiera les deux ou trois millions restants ? », s’est interrogé le porte-parole.
M. Kouassi a également relevé la faible productivité agricole de la Côte d’Ivoire, « en dessous de la moyenne ouest-africaine » selon un récent rapport de la Banque mondiale, sans que le PND n’apporte de réponse adaptée. Il a dénoncé les ravages de l’orpaillage illégal sur les terres et les eaux de surface, entraînant une raréfaction de la main-d’œuvre agricole. « Aucune indication précise n’est inscrite dans le PND pour combler ce lagune », a-t-il regretté.
Le PDCI-RDA appelle le gouvernement à une « révision en profondeur » du PND, afin de l’aligner sur « les exigences de réalisme économique, de transparence et de souveraineté financière ».
(AIP)
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