Abidjan, 11 juil 2026 (AIP) – Face aux défis du changement climatique, du vieillissement des vergers et de la baisse de la production de café, le Nescafé Plan déploie en Côte d’Ivoire une approche qui combine accompagnement technique des producteurs, agriculture régénératrice et recherche scientifique. D’une plantation de Bingakro à Djekanou aux laboratoires du Centre de recherche et développement de Zambakro, situé à 16 kilomètres de Yamoussoukoune immersion au cœur du dispositif met en lumière les efforts engagés pour améliorer durablement la productivité, renforcer les revenus des caféiculteurs et préparer l’avenir d’une filière soumise à une concurrence croissante et à de nouvelles exigences environnementales.
Cette visite s’inscrivait dans le cadre d’une immersion de deux jours (25 et 26 juin) dans la politique du groupe Nestlé, avec des professionnels des médias venus de Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Ghana, du Togo, du Cameroun et du Nigeria.
Une agriculture régénératrice au cœur du modèle
Au-delà de l’amélioration de la productivité du café, le Nescafé Plan promeut une agriculture régénératrice fondée sur la restauration des sols, la diversification des cultures et la résilience des exploitations. Dans les champs-écoles, les producteurs sont formés aux bonnes pratiques agricoles avant d’être accompagnés directement sur leurs parcelles.
Le compostage constitue l’un des piliers de cette approche. Réalisé à partir de ressources disponibles localement, notamment les coques de café et des résidus végétaux, il permet d’améliorer la fertilité des sols, de limiter le recours aux engrais minéraux, souvent peu accessibles aux petits producteurs, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.
« Ce compost permet d’améliorer la qualité globale du sol tout en restant accessible aux producteurs », explique Nathan Bello, responsable du Nestlé Cocoa Plan pour l’Afrique de l’Ouest, lors de la démonstration organisée à Bingakro.
À Zambakro, l’agroforesterie s’étend aux cultures vivrières
Au Centre de recherche et développement de Zambakro, l’agriculture régénératrice prend une autre dimension. Frédéric Oura, agronome au sein du département Agriculture régénérative du Nestlé institute of agricultural sciences (NIAS), présente aux journalistes les recherches menées sur l’association des cultures vivrières avec les cacaoyers.
Pour lui, l’agroforesterie ne se limite pas à la plantation d’arbres. « L’agroforesterie ne consiste pas seulement à planter des arbres. On peut aussi associer des cultures comme l’arachide, le taro, le soja, etc. C’est une démarche de diversification et de préservation de la biodiversité », explique-t-il.
La méthode repose sur la taille sévère des cacaoyers. Cette opération crée des ouvertures dans la canopée, favorisant une meilleure pénétration de la lumière et une bonne aération des parcelles. Ces nouvelles conditions permettent d’introduire certaines cultures compatibles avec le cacaoyer.
« Cela favorise également une bonne aération. C’est pourquoi nous avons décidé de promouvoir des cultures que nous pouvons associer au cacaoyer. Mais il ne s’agit pas de toutes les cultures », précise l’agronome.
Nourrir les familles tout en augmentant les revenus
Les cultures retenues répondent à un double objectif : renforcer la sécurité alimentaire des ménages tout en générant des revenus complémentaires grâce à leur commercialisation.
« Nous avons privilégié des cultures vivrières qui présentent plusieurs avantages : elles permettent de fournir de la nourriture au producteur lui-même, aux travailleurs et à sa famille », souligne Frédéric Oura.
Avant le lancement des essais, des enquêtes ont été réalisées auprès des producteurs afin d’identifier les espèces les mieux adaptées à leurs besoins. Les expérimentations portent notamment sur l’ananas, le haricot, le gingembre, le taro et le soja.
Le haricot blanc apparaît comme l’une des cultures les plus prometteuses.
« Il nous a donné beaucoup de satisfaction, car il contient des protéines et les enfants l’apprécient beaucoup. En plus, il se vend bien sur le marché. Il permet également de réduire la quantité d’herbes dans les parcelles et apporte de l’azote au sol », se réjouit-il.
Une pratique progressivement adoptée
Les premiers résultats témoignent d’une appropriation progressive de ces innovations par les producteurs. En 2025, 50 producteurs participaient aux essais. En 2026, ils sont désormais 300.
Selon Frédéric Oura, une enquête réalisée auprès des bénéficiaires montre que 62 % des producteurs ont conservé des semences après leur première récolte et lancé un deuxième cycle de culture sans accompagnement direct, signe d’une adoption progressive de ces pratiques.
Pour les chercheurs, cette évolution confirme que la diversification agricole constitue un levier pour améliorer simultanément la productivité des exploitations, la fertilité des sols et la résilience des ménages face aux aléas climatiques.
(AIP)
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