Niakara, 22 juil 2026 (AIP) – Les autorités sanitaires du district de Niakara (centre-nord, région du Hambol) ont intensifié, mardi 21 juillet 2026, la sensibilisation des populations sur les dangers liés à la consommation de l’akée (Blighia sapida), communément appelé « faisan », lorsqu’il est consommé avant sa maturité naturelle, à l’occasion d’une rencontre d’information et de mobilisation sociale relative à la deuxième phase de la campagne de Chimio-prévention du paludisme saisonnier (CPS 2), organisée à la préfecture de Niakara, a constaté l’AIP.
Présidée par le préfet du département, Benoît Brou Kouadio, en présence du corps préfectoral de la division territoriale, des chefs traditionnels, des guides religieux et des leaders communautaires, cette rencontre s’inscrivait dans les préparatifs du deuxième cycle de la campagne de CPS 2, prévu du 24 au 28 juillet dans le district sanitaire de Niakara.
Le point focal paludisme du district sanitaire de Niakara, Dr Sylvain Koffi, a rappelé que l’akée, fruit très apprécié dans la gastronomie locale, ne doit être consommé qu’après son ouverture naturelle sur l’arbre. Il a expliqué que le fruit immature renferme de l’hypoglycine, une toxine pouvant provoquer une hypoglycémie sévère, des vomissements, des convulsions et, dans les cas les plus graves, entraîner le décès, en particulier chez les jeunes enfants. Il a précisé que cette toxicité persiste même après la cuisson lorsque le fruit est récolté avant sa pleine maturité.
Pour illustrer les risques encourus, Dr Koffi est revenu sur le décès de deux enfants d’une même famille à Latokaha, village à 12 km de Niakara, le 10 juillet. Selon les conclusions de l’investigation sanitaire diligentée par le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle (MSHP-CMU), avec l’appui des partenaires techniques, les deux enfants avaient consommé de l’akée (faisan) immature avant l’apparition des premiers signes cliniques.
Le responsable sanitaire a indiqué que cette enquête a permis d’écarter tout lien entre ces décès et l’administration de la Sulfadoxine-Pyriméthamine et de l’Amodiaquine (SPAQ) dans le cadre du premier cycle de la campagne de CPS. Les familles concernées, informées des conclusions des investigations, ont reconnu que les décès n’étaient pas imputables au traitement préventif administré aux enfants, les deux jeunes victimes ayant effectivement consommé le fruit mis en cause.
Les autorités sanitaires ont ainsi invité les populations à respecter les recommandations relatives à la consommation de l’akée, à ne récolter, ni consommer le fruit avant son ouverture naturelle et à éviter la propagation de rumeurs susceptibles de compromettre les campagnes de prévention du paludisme. Elles ont également appelé les leaders communautaires à relayer ces messages de sensibilisation afin de préserver la santé des populations, notamment celle des jeunes enfants.
Issu d’un arbre de la famille des Sapindacées, l’akée produit un fruit dont une partie comestible appelée arille, réputée pour sa richesse en huile alimentaire et son goût proche de celui de l’arachide.Très apprécié des habitants, le « faisan » est devenu un ingrédient typique des cuisines dans plusieurs localités du département de Niakara. L’akée pousse à l’état sauvage ou est cultivé dans la région. À Katiola, une unité industrielle transforme également ce fruit destiné à l’exportation.
(AIP)
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