Guiglo, 20 juil 2026 (AIP) – Le rideau est tombé sur la Coupe du monde de la FIFA 2026. Dimanche 19 juillet 2026, au MetLife Stadium de New York, l’Espagne a décroché son 2ème titre mondial en dominant l’Argentine (1-0) après prolongation, au terme d’une finale disputée et maîtrisée par la Roja. Si les projecteurs se sont finalement tournés vers les nouveaux champions du monde, en Côte d’Ivoire, les regards restent encore tournés vers le parcours inédit des Eléphants, éliminés en 16es de finale par la Norvège (1-2), mais auteurs d’une campagne qui restera gravée dans la mémoire collective.
Pour la première fois de leur histoire, les Eléphants ont franchi la phase de groupes d’une Coupe du monde. Une performance qui marque un tournant pour une sélection longtemps freinée au premier tour lors de ses précédentes participations.
Dans les rues de Guiglo, comme partout en Côte d’Ivoire, cette aventure a fait vibrer tout un peuple pendant plus d’un mois. Entre euphorie, inquiétudes, espoirs et déception finale, les supporters ont vécu chaque rencontre avec une intensité rare.
Un départ idéal qui fait renaître les ambitions
Tout avait pourtant commencé sous les meilleurs auspices. Le 14 juin, les hommes d’Emerse Faé lançaient leur Mondial par une victoire précieuse contre l’Equateur (1-0), grâce à un but d’Amad Diallo en fin de rencontre.

A Guiglo, malgré l’heure tardive du match, les maquis, domiciles et espaces de retransmission sont restés bondés jusqu’au coup de sifflet final. « Je suis très heureux de cette victoire. Dans une Coupe du monde, il est important de bien débuter et de prendre les trois points », se réjouissait alors Joël Pohé, convaincu que les Eléphants venaient de lancer leur compétition de la meilleure manière.
Même optimisme chez Bamba Souleymane, qui saluait la capacité des Ivoiriens à monter progressivement en puissance et les choix tactiques du sélectionneur Emerse Faé.
Cette première victoire faisait renaître les rêves d’une qualification historique.
La désillusion allemande sans briser l’espoir
Quelques jours plus tard, la défaite contre l’Allemagne (1-2) refroidissait les ardeurs sans toutefois anéantir les ambitions ivoiriennes. Les Eléphants avaient pourtant ouvert le score et longtemps maîtrisé les débats avant de céder dans les derniers instants de la rencontre.
Pour Hervé Kramo, journaliste sportif à Radio Cavally, la FM de proximité régionale, ce revers laissait un goût d’inachevé.* « Les Eléphants avaient leur destin en main. Ils ont dominé de longues séquences de jeu mais ont payé cash leurs erreurs défensives et leur manque d’efficacité devant le but », analysait-il.

Malgré cette contre-performance, les supporters continuaient d’y croire. « L’espoir n’est pas perdu. Cette équipe va battre Curaçao et se qualifier », affirmait alors Sébastien Djédjé.
Le soir où tout un pays a explosé de joie
Les prédictions se sont finalement réalisées. Le 25 juin, grâce à un doublé de Nicolas Pépé face à Curaçao (2-0), la Côte d’Ivoire, qui évoluait dans le groupe F, validait pour la première fois de son histoire son billet pour les 16es de finale d’une Coupe du monde en quatre participations.
A Guiglo, les klaxons ont retenti jusque tard dans la nuit. Les rues se sont remplies de supporters en liesse. « La Côte d’Ivoire a très bien joué. Dès qu’Opéri touchait le ballon, je criais toute seule », avait raconté Anna Kouadio, encore émue en évoquant cette soirée historique.
Le pasteur Abraham Rabé voyait dans cette qualification bien plus qu’un simple résultat sportif. « Cette génération réussit là où la Dream Team de Didier Drogba, Yaya Touré et Didier Zokora n’avait pas réussi. Ces jeunes ont porté haut les couleurs nationales », soulignait-il.
Selon lui, l’humilité, la solidarité et la combativité affichées par les joueurs expliquaient largement cette performance.

Une élimination douloureuse mais pleine d’enseignements
Face à la Norvège, le rêve s’est finalement arrêté. Battus (1-2) après un match pourtant largement à leur portée, les Eléphants quittaient la compétition avec de nombreux regrets.
Dans les rues de Guiglo, la déception était immense. « Jusqu’à la dernière minute, nous avons espéré. Les Eléphants nous ont fait rêver. Ils ont eu les occasions pour gagner », regrettait Lydie Audrey Zaha.
Comme beaucoup de supporters, elle estime que la sélection ivoirienne possédait largement le niveau pour atteindre les 8èmes de finale. Même analyse pour Othniel Koffi.
« Notre équipe méritait cette victoire. L’entrée d’Amad Diallo nous avait redonné espoir. Malheureusement, cela n’a pas suffi. Mais nous gardons confiance pour la CAN 2027 », avait-il affirmé.
Un Mondial fondateur
Pour le journaliste sportif de Radio Cavally, cette campagne mondiale constitue néanmoins une étape importante dans la construction de cette jeune sélection.
Selon Hervé Kramo, les Eléphants ont démontré qu’ils étaient désormais capables de rivaliser avec des nations majeures du football mondial. La qualité du jeu proposé, les progrès tactiques et la maturité affichée par plusieurs jeunes joueurs constituent autant de motifs d’espoir pour les prochaines échéances.
« Cette Coupe du monde doit servir de référence. Il faudra désormais gagner en efficacité offensive, corriger certaines erreurs défensives et conserver cette solidarité qui a permis à l’équipe d’aller aussi loin », avait-il estimé.
L’Afrique entre espoirs et confirmation
Sur les 10 représentants africains engagés dans cette Coupe du monde, élargie à 48 équipes, plusieurs sélections ont confirmé les progrès du football africain, même si aucune n’est parvenue à décrocher le trophée mondial finalement remporté par l’Espagne.

La finale remportée face à l’Argentine (1-0), après prolongation, conclut un tournoi riche en émotions et en surprises, marqué notamment par le sacre espagnol et par les performances de plusieurs jeunes talents.
La petite finale a été remportée par l’Angleterre, victorieuse de la France (6-4), au terme d’un match spectaculaire. Malgré cette défaite, le capitaine français Kylian MBappé termine meilleur buteur du tournoi avec dix réalisations.
Un nouveau chapitre s’ouvre
Si l’élimination face à la Norvège laisse un sentiment d’inachevé, le bilan demeure positif pour les Eléphants.
Jamais auparavant la Côte d’Ivoire n’avait atteint la phase à élimination directe d’une Coupe du monde. Cette génération, portée par Emerse Faé, Amad Diallo, Yan Diomandé, Christ Inao, Nicolas Pépé et plusieurs jeunes talents, a montré qu’elle pouvait désormais nourrir des ambitions plus élevées sur la scène internationale.
A Guiglo comme dans le reste du pays, les chants ont laissé place aux analyses, mais l’espoir demeure intact. Les regards sont désormais tournés vers la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2027, où les supporters espèrent voir les Eléphants transformer les promesses du Mondial 2026 en consécration continentale et décrocher une quatrième étoile, après celles de 1992, 2015 et 2024.
(AIP)
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