Abidjan, 30 juil 2026 (AIP) – Le Réseau d’action sur les armes légères en Afrique de l’Ouest (RASALAO) a tiré la sonnette d’alarme sur le rôle caché des armes légères dans la pérennisation des réseaux de traite en Afrique de l’Ouest et en Côte d’Ivoire en particulier, à la veille de la Journée mondiale contre la traite des personnes, célébrée le 30 juillet.
Dans un communiqué transmis à l’AIP, le RASALAO, sous le thème mondial 2026 « Briser les chaînes de la contrainte : désarmer les trafiquants pour protéger les vies », affirme qu’« il n’y a pas de traite des personnes sans contrainte, et pas de contrainte durable sans la menace des armes ».
L’organisation souligne que la prolifération et la circulation illicite des armes légères et de petit calibre (ALPC) servent de moteur occulte aux trafiquants, qu’il s’agisse de l’exploitation des enfants dans les plantations, de la traite sexuelle des femmes ou du recrutement forcé dans les réseaux de cyberfraude.
Le RASALAO salue les actions du gouvernement ivoirien, à travers le Comité National de Lutte contre la Traite des Personnes (CNLTP), et le lancement du Plan d’Action National 2025-2029.
Toutefois, face à la militarisation croissante des réseaux criminels transnationaux, il estime qu’une réponse purement nationale et sectorielle est insuffisante et appelle à une approche intégrée.
L’organisation adresse trois requêtes à ses partenaires institutionnels. A la CEDEAO, elle demande une convergence rapide entre la Convention sur les ALPC et les Plans d’action contre la traite, ainsi que la création de patrouilles mixtes transfrontalières dotées d’un double mandat à savoir le contrôle des armements et l’interception des réseaux de traite.
A l’ONU, le RASALAO sollicite de l’UNODC et de l’UNODA le financement de programmes intégrés en Afrique de l’Ouest, et le renforcement de la traçabilité des armes saisies lors des opérations de libération des victimes.
Au gouvernement ivoirien, il l’encourage à devenir le « leader » régional de cette approche, en associant systématiquement la Commission nationale de lutte contre les ALPC (ComNat-ALPC) aux travaux du CNLTP.
« Pour mettre fin à ce fléau qui nie la dignité humaine, nous devons enlever la peur et bloquer les moyens des criminels », a déclaré le président du RASALAO, Victorien N’tayé.
Le RASALAO réaffirme son engagement à travailler avec la CEDEAO, l’ONU et les États pour une Afrique de l’Ouest sécurisée, paisible et propice au développement durable.
(AIP)
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