Yamoussoukro, 29 juil 2026 (AIP) – Une thèse de doctorat soutenue et validée mardi 28 juillet 2026 à l’Université Alassane Ouattara de Bouaké conclut à un « abandon de fait » du projet de transfert de la capitale politique et administrative de la Côte d’Ivoire d’Abidjan à Yamoussoukro.
Le travail de recherche, réalisé par le désormais docteur Kouadio Kouamé Raphaël, porte sur « La problématique du transfert de la capitale politique et administrative de la Côte d’Ivoire à Yamoussoukro de 1983 à 2019 ».
Selon les conclusions présentées devant le jury, l’annonce du projet de transfert par l’ancien maire d’Abidjan, Emmanuel Dioulo, n’avait pas été précédée de travaux connus du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), alors parti unique. La recherche indique que l’Assemblée nationale est intervenue après cette annonce pour adopter la loi n° 83-242 du 21 mars 1983 portant transfert de la capitale.
L’étude relève qu’entre 1983 et 1993, aucun décret d’application de cette loi n’a été pris sous la présidence de Félix Houphouët-Boigny. Elle note qu’un premier décret d’application a été adopté sous Henri Konan Bédié, avant que les investissements publics ne soient, selon l’analyse du chercheur, réorientés vers Daoukro.
Concernant la période 2000-2011, la thèse estime que Laurent Gbagbo est le seul président à avoir engagé des actions concrètes en faveur du transfert, notamment par le lancement de chantiers d’institutions républicaines à Yamoussoukro. Ces travaux ont toutefois été interrompus par les crises militaro-politiques.
Pour la période 2012-2019, le chercheur considère que le projet a été « définitivement abandonné » avec la dissolution du Programme spécial du transfert de la capitale et la concentration d’investissements d’envergure à Abidjan.
Dans sa conclusion, le docteur Kouadio soutient que la Côte d’Ivoire dispose des moyens nécessaires pour réaliser effectivement le transfert de la capitale, mais que le principal obstacle réside dans « un manque de volonté politique ».
La thèse comprend 360 pages, réparties en trois parties consacrées respectivement aux crises politiques et économiques de 1983 à 1997, à la mise en œuvre du projet face aux crises foncières et politiques, puis à la dissolution du Programme spécial du transfert de la capitale et aux investissements réalisés à Abidjan entre 2012 et 2019.
Le jury a estimé que l’ensemble du travail comportait les éléments constitutifs d’une thèse de doctorat et a décerné au candidat le grade de docteur avec la mention « Très honorable ».
Interrogé à l’issue de la soutenance, le nouveau docteur a indiqué avoir choisi ce sujet en raison de son expérience de résident de Yamoussoukro depuis 1995 et de son constat de l’absence d’effectivité du statut de capitale politique et administrative de la ville.
(AIP)
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