Abengourou, 1er août 2026 (AIP) – Le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, a alerté, jeudi 30 juillet 2026 à Zinzénou, dans le département d’Abengourou, sur les conséquences grandissantes du changement climatique pour la Côte d’Ivoire, estimant que ce phénomène constitue une menace pour la croissance économique, la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des populations.
M. Bamba s’exprimait lors du lancement officiel du projet de reforestation communautaire et d’amélioration des moyens de subsistance d’Olam Agri Rubber, destiné aux régions de l’Indénié-Djuablin, du Moronou, du Cavally, du Haut-Sassandra et du Guémon.
La Côte d’Ivoire est passée d’environ 16 millions d’hectares de forêts dans les années 1960 à près de trois millions aujourd’hui, soit moins de 10 % du territoire national. Cette forte régression, a-t-il expliqué, fragilise la biodiversité, réduit les ressources en eau, accentue l’érosion des sols et menace directement les revenus de milliers de producteurs agricoles.
Il a également rappelé que la planète perd chaque année près de 10 millions d’hectares de forêts, alors que les forêts constituent l’un des principaux puits naturels de carbone capables d’atténuer les effets du réchauffement climatique.
Le ministre a cité le Rapport national sur le climat et le développement de la Banque mondiale publié en 2023, selon lequel les effets des changements climatiques pourraient entraîner une baisse pouvant atteindre 13 % du produit intérieur brut réel de la Côte d’Ivoire à l’horizon 2050 et faire basculer 1,6 million de personnes dans la pauvreté si des mesures ambitieuses ne sont pas mises en œuvre.
Face à ces défis, Abou Bamba a estimé que « l’inaction n’est plus une option », réaffirmant que la transition écologique constitue « un impératif national et un choix stratégique » pour assurer un développement durable, inclusif et résilient.
Il a relevé que les effets du changement climatique se manifestent déjà à travers la hausse des températures, les sécheresses prolongées, les inondations récurrentes, la dégradation des terres agricoles, la perte de biodiversité et la multiplication des catastrophes naturelles.
Le ministre a rappelé que la protection de l’environnement est désormais indissociable du développement socio-économique. Il a rappelé que le sixième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), souligne que le réchauffement climatique représente désormais une menace directe pour les populations, les économies et les écosystèmes.
Le gouvernement s’est fixé pour objectif de porter progressivement le couvert forestier national à 20 % du territoire, grâce à une mobilisation de l’État, des collectivités territoriales, du secteur privé et des communautés locales.
Le projet lancé à Zinzénou s’inscrit dans cette dynamique. Il prévoit la restauration de 250 hectares de paysages dégradés grâce à la plantation de 250 000 arbres forestiers et fruitiers, au profit de plus de 4 000 bénéficiaires. Au-delà du reboisement, l’initiative vise à améliorer les revenus des producteurs, renforcer la sécurité alimentaire, préserver les ressources en eau et accroître la résilience des territoires face aux changements climatiques.
« En lançant aujourd’hui ce projet de reforestation communautaire, nous ne plantons pas seulement des arbres ; nous plantons l’espérance, la résilience et l’avenir de la Côte d’Ivoire », a déclaré Abou Bamba.
Le ministre a souligné que chaque arbre planté constitue un investissement pour l’économie, l’agriculture et les générations futures. Il a appelé les populations, les collectivités territoriales, le secteur privé et les organisations communautaires à unir leurs efforts pour restaurer durablement le patrimoine forestier national.
(AIP)
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