Abidjan, 14 août 2026 (AIP) – Quarante-quatre professionnels des médias publics et privés burkinabè ont participé, du 9 au 14 août 2026, à une « immersion patriotique » à l’Académie de Police de Pabré, près de Ouagadougou, dans le cadre d’un programme destiné à renforcer leur compréhension du contexte sécuritaire et leurs capacités de traitement de l’information en période de crise.
Selon des médias internatioCette formation, présentée comme obligatoire par les autorités de transition, a combiné enseignements civiques, apprentissage de valeurs inspirées de la formation militaire et renforcement des compétences journalistiques face aux enjeux liés au terrorisme.
Les participants ont notamment pris part à des exercices d’ordre serré et à des séances de manipulation d’armes, dont le démontage et le remontage de pistolets, selon les informations communiquées à l’issue de l’immersion.
Le ministre chargé de la Communication, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, et son collègue de la Sécurité, Mahamoudou Sana, se sont rendus à l’Académie de Police de Pabré pour superviser les activités et échanger avec les participants.
Selon les autorités burkinabè, cette immersion vise à permettre aux professionnels des médias de mieux comprendre les réalités auxquelles sont confrontées les forces engagées dans la lutte contre les groupes armés et de contribuer davantage à l’effort national dans le contexte de crise sécuritaire.
Le gouvernement de transition estime que les journalistes, en raison de leur rôle dans l’information du public, doivent disposer d’une meilleure connaissance des réalités du terrain et des enjeux liés à la sécurité nationale.
Cette initiative suscite toutefois des interrogations parmi des organisations de défense des droits humains et des observateurs, qui redoutent une militarisation progressive de la profession journalistique.
Ces acteurs mettent notamment en avant la nécessité de préserver l’indépendance et la neutralité des journalistes, considérant que leur participation à des formations à caractère militaire pourrait brouiller la distinction entre professionnels de l’information et acteurs de la sécurité.
L’initiative intervient dans un contexte où le Burkina Faso est confronté depuis des années à une crise sécuritaire. Cette formation sera renouvelée chaque année, a-t-on appris.
(AIP)
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