Yamoussoukro, 19 août 2026 (AIP) – Le ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique entend structurer un dispositif de formation continue en vue de combler le déficit de qualification des enseignants des établissements privés d’enseignement technique et de formation professionnelle, a indiqué, lundi 17 août 2026 à Yamoussoukro, son représentant, Harryson Assanvo.
Cette ambition est au cœur d’un atelier de quatre jours, consacré à l’élaboration d’un cadre stratégique de formation continue des enseignants du privé, dont les travaux doivent permettre de définir un dispositif structuré, durable et opérationnel de renforcement de leurs compétences.
L’enjeu est d’autant plus important que les établissements privés occupent une place prépondérante dans le dispositif national d’enseignement technique et de formation professionnelle. Ils représentent près de 90 % du parc des établissements, accueillent environ 70 % des apprenants et emploient 5 583 enseignants, selon la directrice de l’Encadrement des établissements privés, Huguette Kouamé.
Or, l’accès de ces enseignants à la formation continue demeure limité, a-t-elle indiqué, relevant qu’entre 2023 et 2025, seuls 417 d’entre eux, soit environ 7 %, ont bénéficié d’une formation, tandis que le rapport de performance du ministère pour l’année 2024-2025 fait ressortir un taux de formation de seulement 4 %.
La situation est également marquée par un important déficit de qualification administrative, avec 4 515 enseignants exerçant sans autorisation d’enseigner, selon le rapport 2026 sur les établissements privés. Une étude de la Banque africaine de développement réalisée en 2020 relève, par ailleurs, que 49 % des établissements privés ne disposent pas de plan de formation et de renforcement des capacités de leurs enseignants.
« La qualité d’un système éducatif repose avant tout sur la qualité de ses enseignants », a souligné M. Assanvo à l’ouverture des travaux, estimant nécessaire de renforcer les compétences des formateurs afin de mieux adapter les enseignements aux exigences du monde professionnel et aux besoins du marché de l’emploi.
Pour Huguette Kouamé, le poids du secteur privé dans l’offre nationale de formation rend indispensable la mise en place d’un mécanisme approprié et pérenne de professionnalisation des enseignants.
Elle a rappelé que la formation des enseignants figure parmi les priorités présentées par le ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique, N’guessan Koffi, lors de la rencontre préparatoire de la rentrée scolaire 2026-2027.
Cette orientation est également portée par le ministre délégué chargé de l’Enseignement technique, Jean-Louis Mouloud, qui accorde une attention particulière au renforcement des capacités des enseignants des établissements privés, a-t-elle indiqué.
Les participants à l’atelier devront notamment établir un diagnostic du dispositif actuel de formation, identifier les insuffisances et les besoins, proposer des mécanismes d’appui institutionnel et financier, puis élaborer un programme de formation assorti d’une feuille de route.
Le président du comité scientifique, Kouakou Sainy, a invité les participants à fonder leurs recommandations sur « la rigueur, la concertation et le pragmatisme », afin de concevoir un cadre stratégique tenant compte à la fois des réalités du terrain et des capacités institutionnelles et financières du système.
Les travaux devraient déboucher sur un projet de cadre stratégique solide, accompagné d’actions prioritaires destinées à améliorer durablement les compétences des enseignants et, à travers elles, la qualité des apprentissages et l’employabilité des jeunes formés dans les établissements privés.
Cette initiative s’inscrit dans les réformes engagées pour faire de l’enseignement technique et de la formation professionnelle un levier d’insertion des jeunes et de développement socio-économique. Elle bénéficie notamment de l’appui du Projet de gouvernance et de développement de l’éducation et de la compétence (PGDEC III), soutenu par la Banque mondiale.
(AIP)
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