Abengourou, 25 août 2026 – Les autorités administratives, les chefs coutumiers, les élus, les cadres et les populations de l’Indénié-Djuablin appellent à davantage de fermeté contre l’orpaillage illégal, afin d’éradiquer le phénomène d’ici au 31 décembre 2026, conformément à la décision du préfet de région, Kouadio Kouassi Eugène, lors d’une réunion préparatoire à l’atelier national de lutte contre l’orpaillage illégal lundi 24 août 2026 à la préfecture d’Abengourou.
Présidée par le secrétaire général 1 de la préfecture, N’Cho David, la rencontre visait à recueillir les difficultés des populations et leurs propositions pour renforcer la lutte. Les recommandations seront transmises au Conseil national de sécurité (CNS). La réunion a réuni l’ensemble du corps préfectoral, les chefs coutumiers et chefs de villages, les élus et cadres de la région ainsi que des représentants des jeunes et des femmes.
M. N’Cho, ouvrant les échanges, a estimé que la lutte devait désormais entrer dans une phase plus coercitive. « On a fini le stade de la sensibilisation. C’est maintenant la répression. Tout le monde en Côte d’Ivoire sait que l’orpaillage illégal est mauvais », a-t-il déclaré, appelant les populations à refuser de céder leurs terres aux orpailleurs clandestins et à dénoncer leurs complices.
Il a indiqué que des résultats avaient déjà été obtenus à Sankadiokro, grâce à l’action concertée de l’administration et des forces engagées dans la lutte.
Les participants ont toutefois dénoncé plusieurs difficultés, notamment la remise en liberté de personnes interpellées pour exploitation illégale, qui reprennent ensuite leurs activités sur les mêmes sites. La complicité de certains propriétaires terriens a également été pointée du doigt. « Certains de nos parents appellent ces gens-là pour venir travailler et faire l’orpaillage sur nos terres », a déploré un participant.
Trois propriétaires terriens de la région ont déjà été incarcérés dans le cadre de cette lutte, selon les informations communiquées lors de la rencontre.
Les chefs de villages ont, pour leur part, évoqué les insultes, humiliations, accusations et menaces dont ils feraient l’objet lorsqu’ils dénoncent les activités clandestines. Ils ont appelé à une meilleure collaboration avec l’administration et les forces de sécurité.
Parmi les principales propositions figurent le refus de céder les terres aux orpailleurs clandestins, le renforcement des opérations des forces de sécurité et la dénonciation des propriétaires terriens et autres complices. Les chefs traditionnels ont insisté sur la nécessité de travailler « main dans la main » avec l’administration pour venir à bout du phénomène.
Le directeur régional des Mines et de la Géologie, Koné Dégué, a présenté l’état des zones touchées, notamment Zaranou, Ebilassokro, Amélékia et Sankadiokro. Il a dénoncé la pollution de la Comoé, la dégradation des sols et du couvert végétal, ainsi que la transformation du paysage à Bébou. Ces dommages entraînent aussi des conséquences sociales et sécuritaires, dont le travail des enfants, le proxénétisme, l’insécurité et des pertes en vies humaines.
Il a enfin rappelé les conditions d’obtention des permis miniers et les sanctions prévues, allant de deux à cinq ans de prison et de 50 à 100 millions FCFA d’amende selon les infractions.
(AIP)
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